Ce samedi 11 avril, habitants, enseignants et parents d’élèves organiseront une opération symbolique pour dénoncer la fermeture programmée d’une classe à la rentrée 2027.
Une décision « brutale » et « ingérable » pour l’école et le village. Le cri du cœur de Lucile Delpuech, présidente de l’association des parents d’élèves de Saint-Laurent d’Olt a fait écho dans le village de 630 habitants qui organise ce samedi une opération symbolique pour protester contre la suppression d’un poste d’enseignant à la rentrée 2027.
Une décision qui « menace ni plus ni moins l’âme du village ». Nous avions deux professeurs pour 25 élèves. À la rentrée, nous n’en aurons plus qu’un pour 23 élèves, répartis sur 9 niveaux différents, explique-t-elle. C’est unique en France, et surtout, c’est ingérable pour l’enseignant. »
Onze postes menacés dans le 1er degré
La France fait face à une baisse historique de ses effectifs scolaires : 14 % d’élèves en moins d’ici 2035, selon les projections du ministère de l’Éducation nationale. En Occitanie, comme ailleurs, cette crise démographique se traduit par des suppressions de postes et des fermetures de classes.
Dans l’Aveyron, 11 postes pourraient disparaître à la rentrée – sur les 1 891 postes menacés de suppression dans le premier degré en France –, avec des répercussions directes sur les écoles rurales comme localement à Castelnau-Peygayrols, Millau (école du Crès) ou Saint-Laurent-d’Olt.
« Un professeur en moins aujourd’hui, et demain ? »
Une situation « impossible à gérer pédagogiquement », déplore Lucie Delpuech. « Comment un seul professeur peut-il s’occuper d’élèves allant de la petite section au CM2, avec des besoins et des rythmes si différents ? » s’interroge-t-elle. Pis, « l’éducation nationale ne prend pas en compte les élèves de petite section attendus à la rentrée, ni les projets de construction de logements » qui pourraient faire gonfler les effectifs scolaires.
Avec cette opération du 11 avril, le village entend « dire haut et fort » que l’école rurale « n’est pas une variable d’ajustement ». « Nous voulons que le rectorat entende notre colère et revienne sur cette décision », conclut la présidente de l’APE. « Un professeur en moins aujourd’hui, et demain ? »







