Le directeur d’Escale à Sète orchestre la 8e édition qui débute ce mardi matin.
Voilà seize ans qu’Escale à Sète a pris la mer. Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?
L’association Escale à Sète est très heureuse de maintenir plus que jamais le cap et d’être fidèle à ses objectifs fondateurs. Cette manifestation est portée par l’énergie du bénévolat, avec beaucoup de générosité, pour servir cet engagement auprès du patrimoine maritime, la sauvegarde de ce patrimoine bien vivant et cher à notre cœur. Qui aurait cru, il y a quinze ans, que les vieux gréements et leurs musiciens traditionnels mobiliseraient un demi-million de visiteurs ? La place qu’occupe Escale à Sète est un rêve devenu réalité.
Comment parvenez-vous à maintenir l’esprit initial du festival ?
L’association Escale à Sète dépend d’un conseil d’administration composé de ses membres fondateurs. C’est un conseil des sages, acteurs du patrimoine maritime. Ils servent de garde-fou. Ils sont engagés, crédibles et compétents, mais aussi réellement désintéressés. Je tiens aussi à souligner la bonne volonté de tout l’écosystème des partenaires. C’est la base de notre modèle économique, avec près de 70 % de financements privés. Les partenaires publics sont aussi très impliqués, au-delà du cadre strictement professionnel. Le secret est là. Même si le contexte, cette année, est particulièrement difficile, la nature insulaire de notre ville contribue à jouer les choses collectivement pour préserver notre manifestation à échelle humaine.
« On a de super têtes d’affiche authentiques que sont les grands voiliers »
Conserver l’âme d’Escale à Sète, c’est plus important que tout ?
Dès le départ, on a été surpris par la fréquentation. On a fait preuve de prudence sur l’éthique pour conserver notre âme. Notre président, Raymond Dublanc, a pour cela écrit la charte d’Escale à Sète autour du respect de ce patrimoine maritime que nous défendons. Il ne faut pas présenter n’importe quoi quand on parle de ce patrimoine, ne pas réécrire l’histoire. Bateaux, musiciens et exposants doivent être crédibles et compétents pour parler du patrimoine qu’ils représentent.
Comment travaillez-vous la crédibilité de votre rendez-vous au fil des années ?
Nous sommes placés depuis 2018 sous le patronage de la Commission nationale française de l’Unesco. On prouve ainsi les bonnes pratiques d’Escale à Sète, on s’engage pour les années à venir. C’est une belle reconnaissance et une protection.
La stratégie d’Escale à Sète est particulière : on a de super têtes d’affiche authentiques que sont les grands voiliers, avec l’imaginaire qui va avec. Ce sont de beaux ambassadeurs, mais tout l’enjeu, c’est de dire au public qu’on ne vient pas chez nous que pour le bateau pirate : on vient parler des patrimoines maritimes, on vient dans un port légitime en Méditerranée, et puis il y a les valeurs : la culture, la transmission, la solidarité et l’environnement.
« La manifestation ne doit pas se résumer à une pompe à bière »
Quelles nouveautés les visiteurs retrouveront-ils à l’occasion de cette édition 2026 ?
L’édition 2024 avait été un succès, malgré une énorme mise à l’épreuve avec la météo. On a aussi trouvé beaucoup de progrès à réaliser. On a été attentifs pour que la manifestation ne se résume pas à une pompe à bière. La convivialité est importante, mais on est là pour parler de culture. En termes d’image et de contenu, on a voulu gagner en crédibilité et en utilité. On va dépasser le chiffre de mille ateliers. Il y aura plus de 120 animations gratuites par jour.
On fait aussi monter en contenu nos douze villages. C’est un travail de l’ombre très fastidieux auprès des délégations, des régions, des ports… On a travaillé de longue date avec tout le monde pour proposer un programme et un contenu par patrimoines maritimes propres à leur culture. C’est la très forte raison pour laquelle il faut venir à Escale à Sète cette année ! On y met tout notre cœur avec les Slovènes, les Roumains, les Espagnols… C’est comme si on était partis voyager dans ces pays-là ! Les visiteurs vont découvrir énormément de pépites. Cela correspond à nos valeurs : on est une fête pour transmettre.








