Après dix ans à l’hôpital et en gériatrie, Alizé Seckler a changé de voie. Elle restaure des murs, calades et capitelles en pierres sèches. Ces 27 et 28 mars, en Cœur d’Hérault, l’Octonaise participe aux rencontres de la pierre sèche où de nombreuses animations et activités sont proposées.
Pour elle, c’est une évidence, il s’agit de “prendre soin”. « Je retrouve cette notion dans les deux métiers », sourit Alizé Seckler. Après avoir passé dix années en hôpital et en gériatrie, l’ancienne infirmière, Octonaise, est aujourd’hui praticienne de la pierre sèche, muraillère : « artisane en maçonnerie du bâti ancien, spécialisée dans la construction de murs en pierre sèche », détaille-t-elle.
Elle vient aujourd’hui au chevet d’anciens murs en pierres sèches, de calades* ou autres capitelles. Sans utiliser de mortier, son geste relève presque du TétrisR. Et au-delà des pierres, il s’agit aussi de prendre soin du vivant : « si un arbre est sur le tracé du mur que l’on construit, nous n’allons pas l’abattre. Nous allons le prendre en considération et, grâce à différentes techniques, nous adapter à cet être vivant ». Les techniques sont aussi respectueuses de l’environnement, « on n’utilise que des matériaux locaux, sans liant… » Le coup de foudre avec ce métier ancestral est arrivé lors d’un voyage dans un pays où « ce savoir-faire est très marqué : la Slovénie. » Là-bas, dans le nord est de l’Adriatique, « l’entretien des murs est un savoir qui se transmet. » Une culture bien moins vivace dans nos contrées où nombre de murs ou d’anciennes terrasses tombent en ruine. Or « il suffit parfois juste de replacer une pierre pour soulager toute la structure. Cette sensibilisation, c’est ce que nous souhaitons transmettre lors de nos sessions d’initiations. » (Lire ci-dessous) Après ce déclic, attirée par le minéral, elle rencontrait le maître murailler Alain Mathieu lors d’une formation en restauration du patrimoine. « Il m’a prise sous son aile et, en 2021, m’a formée à la pierre sèche pendant deux ans. » Elle œuvre aujourd’hui dans un artisanat où les femmes sont longtemps restées rares. Un métier très exigeant « physiquement… et mentalement », précise-t-elle. Les constructions d’envergure réclament tout autant de force que d’opiniâtreté, de persévérance. Un savoir-faire où le Yin et le Yang s’épousent dans l’équilibre des pierres. « C’est à la fois masculin et féminin : très dur physiquement et, en même temps, il y a une approche esthétique ; il faut être à l’écoute, posé, trouver le juste équilibre… » Last but not least : « les femmes apportent un équilibre aussi dans les équipes. Il y a aujourd’hui davantage de coopération pour porter du poids à deux. » Faire les gros bras au risque de s’abîmer la santé appartient désormais au passé. Dans ce métier aussi, la femme est l’avenir de l’homme…
Les temps forts des rencontres
Vendredi 27 mars, de 10 h à 12 h, table ronde "Se réapproprier la pierre sèche" à la salle des Dominicains, espace culturel des Pénitents, à Clermont-l’Hérault. Entrée gratuite, sur inscription auprès du Grand Site Salagou – Cirque de Mourèze : info@lesalagou.fr / 04 68 44 68 86. Samedi 28 mars, de 8 h 30 à 12 h 30, balade "L’Homme et la pierre sur la Ramasse" à Clermont-l’Hérault. Lieu exact communiqué à l’inscription. Réservation sur www.destination-salagou.fr ou au 04 67 96 23 86. Samedi 28 mars, de 14 h 30 à 16 h, balade "Les pierres élégantes du plateau de l’Auverne" à Laulo. Lieu exact communiqué à l’inscription.
Réservation sur la billetterie de l’office de tourisme Lodévois et Larzac ou au 04 67 88 86 44. Enfin, samedi 28 mars, de 10 h à 12 h et de 14 h à 16 h, atelier de démonstration de construction de calade et exposition au Village des arts et métiers d’Octon. Entrée libre, sans inscription.
Enfin, samedi 28 mars, de 10 h à 12 h et de 14 h à 16 h, atelier de démonstration de construction de calade et exposition au Village des arts et métiers d’Octon. Entrée libre, sans inscription.








