Le youtubeur avait sauté en piste avec une petite banderole pour s’opposer à la corrida. Il avait été plaqué au sol avant d’être sorti des arènes puis placé en garde à vue.
Jeremstar devant la justice. L’affaire avait enflammé les réseaux sociaux le 19 septembre 2025 lors de la feria des Vendanges quand Jeremtar, alias Jéremy Gisclon, avait sauté dans les arènes de Nîmes en pleine corrida dont il voulait dénoncer la cruauté.
Il avait sauté en piste avec une petite banderole « F*ck la corrida » (Nique la corrida) avant d’être rattrapé par les vigiles qui l’ont expulsé manu militari de l’enceinte. L’influenceur avait été placé en garde à vue durant deux jours dans les locaux du commissariat de Nîmes avec d’autres défenseurs de la cause animale, également entendus pour les nécessités de l’enquête.
Les mis en cause avaient reçu le soutien de l’association de défense de la cause animale (Peta) dont deux membres accompagnaient l’influenceur dans son action considérée comme militante pour les uns et comme une intrusion illégale pour les autres.
Le soutien de l’association de défense de la cause animale Peta
« Si défendre un animal en train d’être poignardé à mort est un délit, alors j’assume », déclare Jeremstar (relayé par Peta France) dans un communiqué diffusé ce lundi 30 mars.
« Rien ne justifie de torturer un taureau sous les applaudissements. Ce que j’ai vu ce soir-là m’a profondément choqué et je suis fier d’avoir agi pour braquer les projecteurs sur cette atrocité qui a encore lieu dans les arènes de France. On appelle ça une tradition ; moi j’appelle ça de la cruauté sanguinaire et elle n’a plus sa place aujourd’hui. »
Un an de prison et une amende 15 000 euros encourus
Les investigations avaient donné lieu à des poursuites pour « entrée illégale dans une enceinte sportive troublant le déroulement de la compétition » visant deux personnes dont l’influenceur, trois autres prévenus dans cette affaire auront à répondre de complicité d’intrusion illégale lors de l’audience du 2 avril à 13 h 30 devant le tribunal correctionnel de Nîmes.
À ce stade, il n’est pas précisé si le dossier fera ou pas l’objet d’une demande de renvoi et si le procès aura bien lieu. Mais apparemment, les débats devraient se tenir avec possiblement deux constitutions de partie civile, la mairie de Nîmes et l’organisateur de corrida.
Débat juridique et militant : pro corrida et défenseurs de la cause animale
Les prévenus encourent un an de prison et une amende 15 000 euros. Les juges correctionnels auront seulement à analyser la dimension juridique de cette action. Mais à l’extérieur du palais de justice, juste en face des arènes, le débat pourrait être aussi très militant à la fois pour les anti-corridas et les pro corrida et notamment les défenseurs de la tauromachie.
Lesquels ont rappelé à de multiples reprises que les corridas organisées à Nîmes constituent une tradition interrompue et que la cruauté alléguée n’est pas fondée. C’est précisément ce que combattent les associations de protection animale.








