Fouilles archéologiques à Agde : encore de belles trouvailles dans l'Hérault, sur le site de la Motte II

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Dans le fleuve, les plongeurs ont étudié une section de digue datant du IIe siècle avant J.-C., construite avec des amphores. Un graffiti a d’ailleurs été trouvé sur l’une d’entre elles.

Fouillé par l’association Ibis, sous la direction des archéologues Fabrice Laurent, du bureau d’études archéologiques Eveha et Céline Gomez, pour l’agglo Hérault Méditerranée, le site de la Motte II, situé dans le fleuve Hérault et qui englobe deux périodes historiques bien distinctes, a été exploré par des plongeurs ces dernières semaines.

Un site, deux périodes : l’âge du Bronze et l’Antiquité

Dans ce secteur, qui n’est éloigné que de quelques centaines de mètres de celui dit de la Motte I, les chercheurs ont d’abord identifié « des bâtiments de l’âge du Bronze – une première datation au carbone 14 sur des poteaux fait état d’un aménagement en bois datant de 1745-1605 avant notre ère qui n’a pas encore été étudié, d’autres de 1264-1115 avant notre ère – vraisemblablement construits sur pilotis », rappellent les archéologues. Des vestiges retrouvés dans ce qui était l’ancienne lagune du fleuve, qui font écho à d’autres découvertes plus récentes sur le même site.
« Ces dernières années, nous privilégions l’étude du vaste site antique, qui date de la seconde moitié du IIe siècle avant notre ère », ajoutent les techniciens. Selon eux, il pourrait s’agir d’un port de franchissement, « constitué de deux digues en rive droite et peut-être aussi en rive gauche », comme le suggèrent des images sonars réalisées l’an dernier.
Des digues constituées de blocs de basalte et de calcaire, même si en 2024, c’est une section de digue entièrement faite d’amphores qui a été dégagée. « Celles-ci sont empilées les unes sur les autres selon le profil abrupt de la berge. On pouvait donc désormais affirmer que les amphores, très présentes par ailleurs, participaient bien à la construction de l’ouvrage, comme nous l’avions envisagé. »

Des amphores fabriquées en partie à St-Michel du Bagnas

Une signature sur une amphore découverte intacte. MIDI LIBRE – MICHEL DESNOS

Réemployées comme matériaux de construction, ces amphores, copies d’un modèle italique, étaient en partie produites localement. Un atelier a ainsi été identifié à Saint-Michel de Bagnas. La campagne de fouilles de cet hiver a ainsi permis de mettre au jour un graffiti sur l’une d’entre elles, très bien conservée. Une campagne qui visait à atteindre le bas de cette section de digue, qui s’enfonce profondément dans les alluvions du fleuve à cet endroit.

Dans un cadre plus global, la prospection sonar réalisée en 2025 a permis de distinguer la présence de nombreuses digues et épis, en amont du site de La Motte II, tant en rive droite qu’en rive gauche. Ceux-ci ne sont pas encore datés, mais ils semblent s’inscrire dans un processus plus général de canalisation du Bas-Hérault, sur au moins 1,5 km. « Ces aménagements auraient permis de resserrer la navigation et de faciliter l’autocurage du fleuve, la force accélérée du courant emportant ses alluvions », pensent les archéologues. « Et de fait, si l’Hérault reste un fleuve au débit irrégulier, il était presque deux fois plus étroit et beaucoup moins profond avant la construction de la pansière du moulin des Évêques, au XIIIe siècle. »

Or, au IIe siècle avant J.-C., débute ce que l’on nomme l’optimum climatique romain. Une période de climat inhabituellement chaud en Europe, comprise entre 250 avant J.-C. et 400 après J.-C. « On peut envisager les conséquences qu’a pu avoir cette période sèche sur la navigation », interrogent Fabrice Laurent et Céline Gomez. « Le transport des marchandises s’en est probablement trouvé très affecté, notamment le commerce du vin agathois, produit dans les nombreux domaines viticoles situés autour de la cité antique. »  Avec des conséquences sans doute importantes sur le commerce et les échanges locaux.

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