Il fait partie de ces figures locales incontournables. Francisco Silvano est connu, à Mende, pour ses multiples responsabilités. Portrait d’un homme au parcours et à la vie bien remplis.
Pendant plus de quarante ans, le Portugal a été soumis à un régime autoritaire jusqu’à la révolution des Œillets en 1974, mettant fin à la dictature. Beaucoup de Portugais ont quitté leur pays. C’est le cas pour la famille de Francisco Silvano, qui arriva en France alors qu’il était âgé de 9 ans
« Je me souviens qu’en 1970, pour venir renouveler nos papiers en France, nous sommes partis en train. À la frontière, comme je n’avais pas de papiers, j’ai été forcé de quitter le train. Mon père a continué. Avec ma mère, après bien de péripéties, nous avons longé la voie ferrée de nuit, en essayant de ne pas nous faire prendre, et nous avons pu arriver en Espagne, où nous avons retrouvé mon père. Inutile de dire la peur qui m’a tenaillé pendant ce trajet.«
Conducteur de travaux
Il a été témoin de violences sur les habitants et personne n’en parlait, chacun préférait se taire. Arrivé à Mende, Francisco Silvano est inscrit au Groupe scolaire, jusqu’en 1975. La famille revient au Portugal, où il continue l’école jusqu’à l’âge de 16 ans. Il revient à Mende et s’inscrit en apprentissage en mécanique. Il travaille au garage Batifol et exerce son métier sur les camions.
Puis, il change de métier et entre dans l’entreprise de maçonnerie Trazic, au Beyrac d’Allenc, pendant quatre ans. Il revient à Mende où il est embauché dans l’entreprise Martinazzo, où il va effectuer toute sa carrière. De simple manœuvre, il gravit les échelons jusqu’à devenir conducteur de travaux. « Nous avons travaillé sur de gros chantiers, comme la construction du gymnase de la Vernède. Au causse d’Auge, ce furent les bâtiments d’Engelvin bois, de biomasse et de granulés ; Environnement 48 ou encore Asthralor, pour les principaux« , se souvient-il.
Danses portugaises
« À l’époque, il régnait un véritable esprit d’équipe dans l’entreprise. » Il épouse Isabelle et ils ont trois filles, Sandra, Sonia et Sophie, qui leur donneront six petits-enfants. En 1992, Marie-Rose Sardinha crée le groupe Danses du Portugal. La famille s’y investit.
« Il y a eu jusqu’à soixante-dix participants. Il y avait deux groupes, un pour les adultes et un pour les enfants. Nous avons fait des spectacles au théâtre, nous avons participé aux Fêtes de Mende ou en Lozère et nous sommes même allés jusqu’à Volterra (ville italienne jumelée avec Mende, NDLR). » Francisco Silvano s’est toujours investi dans la vie locale et c’est tout naturellement qu’il accepte de partir dans l’équipe municipale en 2020.
Président du comité de jumelage
Le comité de jumelage Mende Vila Real étant en sommeil, Francisco Silvano et une équipe se décident à relancer cette association qui leur tient à cœur. Début 2025, un nouveau bureau est élu, avec lui comme président. « J’ai eu l’appui de Guy Saleil, Alain Combes, Martine Labeaume et Régine Bourgade. Ma fille, Sandra, est élue secrétaire.«
Le programme est chargé pour l’année à venir. Le 25 avril, le comité va célébrer la révolution des Œillets à l’espace évènements, avec la projection d’un film sur la révolution suivi d’un repas portugais et d’une soirée dansante. Le 11 juillet, il y aura une journée consacrée aux danses du Portugal, avec la participation d’un groupe de Clermont-Ferrand et, en septembre, aura lieu la réception officielle des autorités portugaises. Francisco Silvano, une vie bâtie à Mende, l’esprit toujours tourné vers Portugal natal.








