C’est un cri du cœur que pousse Justine*, révoltée par une situation intenable. Depuis plusieurs mois, sa fille Katherine* est harcelée par plusieurs élèves dans son école élémentaire à Saint-Savin (Gironde). Les journées sont marquées par des moqueries sur son apparence et un fait de violence physique a été relevé en janvier 2026. Le 20 mars, un nouvel évènement tragique est survenu. L’enfant de dix ans, à bout, a rédigé une lettre de suicide. Dénonçant l’absence de soutien de la part de la direction de l’école, sa mère tente de tirer la sonnette d’alarme sur ce harcèlement scolaire récurrent.
Une gifle donnée par un élève
Les ennuis débutent commence dans une autre école, à Cézac. Face à ce fléau, Justine décide de changer sa fille d’établissement scolaire. Mais les railleries empirent à Saint-Savin. « Il y a des moqueries sur son nez ou son poids. Les enfants lui disent qu’elle est grosse alors qu’elle fait 24 kg pour 1m30 », souffle la maman.
Des mots qui pèsent sur la jeune fille scolarisée en classe de CM2. « Elle ne mange plus et ne veut plus aller à l’école. Elle somatise des maux de tête ou de ventre. » Le lundi 12 janvier dernier, le harcèlement franchit un nouveau cap. Au retour de l’école, Katherine arrive à la maison avec un hématome sur le visage.
Dans un premier temps, elle refuse de dire la vérité avant de craquer. « Elle m’explique avoir été giflée par un autre élève sans raison apparente. J’ai directement prévenu le directeur. Quelques jours après l’incident, la maman de l’enfant est venue intimider ma fille pour qu’elle change de version. » Justine dépose alors plainte auprès de la gendarmerie de Saint-Savin.
Une lettre de suicide retrouvée
En mars, l’histoire prend encore un nouveau tournant. Avant de partir dans la cour de récréation, Katherine laisse une lettre sur son pupitre avec une inscription « ne pas ouvrir ». Intriguée, la maîtresse ouvre et lit ce mot qui s’avère être une lettre de suicide.
Justine accepte de nous lire le début d’une voix tremblante. « J’ai des milliers de questions, si je me suicide ça ira mieux. Je n’aurais plus à avoir la boule au ventre à me demander encore ce qu’ils vont me faire. » Un texte bouleversant.
« Je suis tombée de haut. Je ne veux pas qu’elle devienne un fait divers. À la maison, elle est heureuse et souriante », décrit celle qui l’élève seule. « On est très fusionnelles et elle parle beaucoup. C’est comme une moule accrochée à son rocher avec moi. Désormais, elle n’ose plus aborder ces sujets car elle a peur. »
« J’ai l’impression d’être la seule à me battre »
Dos au mur, Justine espérait une réaction rapide de la direction de l’école élémentaire. Le protocole pHARe a notamment été déclenché. Ce dispositif consiste à lutter contre le harcèlement scolaire. Mais ce plan de prévention n’a pas l’air de porter ses fruits.
Malgré plusieurs mails envoyés au directeur, rien n’a été fait d’après Justine. « Aujourd’hui, on met un point d’honneur à se battre contre le harcèlement mais personne ne fait quelque chose pour améliorer la situation », dénonce la maman qui se sent esseulée.
Après la découverte troublante de cette lettre de suicide, Katherine a pu se confier à sa famille. « Elle a demandé leur avis sur la situation. Même si ce n’est pas une solution, je l’encourage à ne pas se laisser faire, quitte à se faire punir », raconte Justine.
Les deux semaines de vacances scolaires de Pâques ont permis à la jeune fille de dix ans de se reposer avec ses proches avant un retour mouvementé à l’école. « Elle n’a fait qu’un jour en classe pour l’instant. Quand elle est arrivée, elle a découvert un papier marqué « grosse pute » sur sa table », confie sa mère qui est à bout ce jeudi 23 avril. « J’ai l’impression d’être la seule à me battre. »
Le silence de la direction de l’école
Le même jour, le directeur de l’établissement informe à actu Bordeaux qu’il « ne peut pas échanger sur ce sujet ». Il nous oriente alors vers la direction des services départementaux de l’Éducation Nationale (DSDEN). Silence radio de leur part. Le rectorat de l’académie de Bordeaux, également contacté, n’a pas répondu à nos sollicitations.
Du côté de la psychologue scolaire, rapporte le maman, on conseille à Katherine de « serrer les dents » car l’année est bientôt terminée et qu’elle va partir au collège.
*Prénoms d’emprunt pour préserver l’identité des personnes
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