Hausse des prix de l’énergie : vers un "nouveau choc pétrolier" ? Les professionnels appellent à l’aide le gouvernement

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Face à la hausse brutale des prix du pétrole et du gaz, de gros secteurs consommateurs d’énergies, comme les transports, la pêche et l’agricole, en appelle au soutien du gouvernement. Lequel a annoncé, lundi, de premières mesures de soutien.

On pourrait espérer une bien meilleure nouvelle sur le front de la hausse des prix de l’énergie, pétrole et gaz principalement, conséquence de la situation tendue au Moyen-Orient. Mais c’est le gouverneur de la banque centrale néerlandaise, Olaf Sleijpen, qui, mardi, a annoncé la mauvaise. « La ​flambée des prix du pétrole et du gaz risque de se répercuter plus rapidement sur l’ensemble de l’économie que lors de la crise énergétique de 2022 », a-t-il déclaré. Dans les prochains jours, les choses devraient être plus précises.

En effet, la Banque centrale européenne (BCE) disposera de plus d’informations lors de sa réunion, prévue le 30 avril prochain, sur ⁠les ‌effets dits de « second tour », qui se produisent lorsque les entreprises augmentent leurs prix pour compenser la hausse des coûts des intrants et que les salariés réclament des salaires ‌plus élevés, a ajouté celui qui est également membre du Conseil des gouverneurs de l’institut de Francfort.

« Nous ne pouvons pas contrôler les prix du pétrole et du gaz »

« Nous ne pouvons pas contrôler les prix du pétrole et du gaz, mais nous pouvons agir si nous constatons des répercussions indirectes », ‌a précisé Olaf Sleijpen, qui rappelle qu’en 2022, lorsque l’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné une hausse des coûts énergétiques, l’économie traversait une période de faible inflation et ‌que, par conséquent, ‌les gens ont mis plus de ​temps à s’habituer à la hausse des prix et à prendre conscience ‌de son impact sur leur ‌pouvoir d’achat.

« Tout ‌le monde est plus vigilant maintenant, donc le choc peut plus facilement se propager à l’ensemble de l’économie », a-t-il ⁠analysé. Le patron de la banque centrale néerlandaise a déclaré que les anticipations d’inflation et les prix à la production seraient des indicateurs clés pour la BCE lors de sa réunion d’avril, tout en précisant que les données seraient encore incomplètes à ce moment-là. « Ce sera limité, mais nous devrons faire avec […] On ne disposera pas d’une vue d’ensemble ​entre la ​semaine dernière et la fin avril », a-t-il dit.

Les dépenses en carburant « pèsent lourdement sur la trésorerie »

Pour le reste, la grogne commence à poindre le bout de son nez en France. Les professions habituellement touchées par la hausse des prix de l’énergie, tels que les transporteurs routiers, les pêcheurs ou encore les agriculteurs, réclament du soutien au gouvernement. Ce dernier n’a pas tardé à réagir. Lundi, il a annoncé une série de mesures ciblées. D’abord en faveur des secteurs du transport routier, aérien et maritime, notamment les TPE et PME du transport routier, dont les dépenses en carburant peuvent représenter jusqu’à un tiers des coûts d’exploitation. Des dépenses qui, reconnaît-on au ministère des Transports, « pèsent lourdement sur la trésorerie, déjà caractérisée par des marges traditionnellement faibles ».

À l’issue des échanges avec les professionnels du secteur, des mesures de « soutien de la trésorerie » sont mises en œuvre « dès à présent » : report des cotisations sociales, étalement des échéances fiscales et mise en place de prêts de court terme exceptionnels par Bpifrance. Mardi à l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu, Premier ministre, a annoncé des mesures en préparation pour les « gros rouleurs ». Des mesures similaires ont également été annoncées concernant le monde agricole, qui, de plus, subit une hausse des coûts des engrais. Afin de répondre à l’urgence, plusieurs mesures de court terme ont d’ores et déjà été déployées : les mêmes que pour les professionnels du transport, auxquelles il convient d’ajouter « la recherche d’un accord de place avec les banques et les distributeurs, notamment pour étudier le soutien le soutien aux productions agricoles ».

Les pêcheurs dénoncent des « mesurettes »

Lundi soir, les pêcheurs, qui bénéficient eux aussi des aides annoncées, ont jugé ces dernières insuffisantes. Ils réclament au gouvernement des aides directes, comme une baisse des taxes sur les carburants. Dans un communiqué commun, l’Association nationale des organisations de producteurs (Anop) et l’Union des armateurs à la pêche de France (UAPF) ont dénoncé « des mesurettes » et réclamé des actes « à la hauteur de la situation ».

Pour le ministre de l’Économie, Roland Lescure, il s’agit d’un « nouveau choc pétrolier »

Roland Lescure, ministre de l’Économie, a estimé mardi que si la situation ne s’améliorait pas rapidement autour du détroit d’Ormuz, la France pourrait alors subir "un nouveau choc pétrolier". Lors de son audition devant les députés de la commission des finances de l’Assemblée nationale, il a ajouté que "la crise pourrait se diffuser plus largement à l’économie, et être au fond d’une nature plus systémique", tout en prévenant que "nous n’y sommes pas encore". Alors que les perturbations dans l’acheminement de pétrole des pays du Golfe vers le reste du monde persistent, le patron de Bercy a prévenu que "l’hypothèse d’une crise passagère n’était plus d’actualité". Après les premières frappes israélo-américaines sur l’Iran fin février, le prix du baril de pétrole s’est envolé sur les marchés. Il dépasse presque sans discontinuer la barre symbolique des 100 dollars depuis le début du conflit. Cette envolée est répercutée sur les prix des carburants. Le prix du gazole a ainsi grimpé de 45 centimes d’euro en moyenne en France, et l’essence de 23 centimes.

Au ministère, on précise que « des discussions sont en cours avec les metteurs en marché pour activer les incitations fiscales mobilisées en 2024 permettant une remise à la pompe ». Il appelle également « les Français et les acteurs de la grande distribution à soutenir la pêche française, garante d’une production responsable et de qualité ». Précisant que des discussions « sont engagées en ce sens avec la distribution ».

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