Le directeur Patrick Triaire revient sur les difficultés de recrutement qu’il rencontre au Centre Hospitalier et sur leurs conséquences.
Patrick Triaire, la CGT a déposé un préavis de grève local et manifesté ce mardi pour dénoncer, entre autres, le manque de médecin à l’hôpital de Lodève, qu’en est-il ?
Je les ai reçus vendredi dernier, pour écouter leurs revendications. Ce que je peux dire sur la situation de l’hôpital public de Lodève, c’est d’abord que je partage l’inquiétude des professionnels et des représentants du personnel sur la situation que nous traversons depuis le mois de juin 2025 avec le départ d’un médecin. Il en faudrait quatre, aujourd’hui, nous en avons deux. Depuis nous faisons au mieux pour assurer la continuité médicale des personnes hospitalisées et dans l’Ehpad.
En réorganisant ou fermant des services ?
Nous avons fermé 23 lits d’Ehpad, réduit notre service Soins Médicaux de Réadaptation de 50 % et notre situation s’est tendue puisque le médecin qu’il nous reste sur ce service SMR, nous a annoncé son départ en mai. Tout cela crée de l’instabilité, une absence de lisibilité à court terme. Pour autant, je reste combatif pour chercher des médecins afin d’éviter l’aggravement de la situation avec une nouvelle réduction d’activité.
Comment on fait dans un contexte national où les médecins sont rares ?
On publie des annonces, on a contacté notre voisin du CH de Clermont-l’Hérault, informé le CHU de Montpellier, nous faisons appel à des sociétés d’intérim et des cabinets de recrutement. Aujourd’hui, il manque des médecins partout, dans les hôpitaux de proximités ainsi que dans les grands centres de soins. Nous pâtissons aussi du plafonnement de la rémunération qui s’applique au service public et le rend donc moins attractif. J’utilise tous les leviers, sans aucune candidature à ce jour. Mais je garde espoir de recruter un médecin avant le 8 mai.
Le CAPS, lui aussi impacté
Le dispositif du Centre d’Accueil et de Permanence de Soins qui a fait l’objet d’une transformation en antenne de médecine d’urgence est aussi impacté, pourquoi ?
Effectivement. Nous avons trois ans pour faire cette transformation mais à ce jour, le CHU de Montpellier à qui nous sommes rattachés n’est pas en mesure de nous accompagner en termes d’effectifs médicaux puisqu’il connaît lui-même des tensions. Du coup, nous restons dans un entre-deux qui crée de l’incertitude avec comme conséquence le départ de plusieurs médecins entraînant des fermetures perlées, jadis de 3 à 4 jours par mois, aujourd’hui de 13 jours en mai et 14 en juin, dans des périodes estivales ou les passages sont plus nombreux. Là encore il nous faut recruter.
La CGT vous interpelle aussi sur les conditions de travail des agents…
Je les rejoins sur le fait qu’il n’a jamais été facile de travailler à l’hôpital, les conditions y sont difficiles au quotidien, on le sait. Et le taux d’absentéisme autour de 11 % à Lodève reste élevé. Par contre, il n’y a pas eu de réduction d’effectifs chez nous. En 2023, il y avait 288 agents, en 2025, il y en avait 299. Dans le même temps, on a réduit de 25 % le taux d’occupation par la fermeture contrainte de lits.









