"Il y a tant à faire" : après plus de quatre ans à la tête de la sous-préfecture, Éric Suzanne prend sa retraite

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Style direct, engagement total, obsession du logement et de la ruralité : le sous-préfet de Lodève quitte le territoire après plus de quatre années intenses. Avec le sentiment de ne jamais en avoir fait assez.

Avant de partir, Eric Suzanne aura pris soin de mettre à l’heure d’été l’horloge de la grande salle de réunion, au premier étage de la sous-préfecture qu’il a dirigée pendant plus de 4 ans. Là, une tapisserie monumentale trône sur le mur. Une pièce contemporaine gracieusement prêtée par le Mobilier National.  » Que cette œuvre, réalisée par des licières soit présente dans un lieu public où il y a beaucoup de réunions, cela nous rappelle que nous sommes dans un territoire de qualité, de beauté, d’art, tout simplement. Dans un territoire qui, parfois, doute, cette tapisserie nous rappelle que nous ne devons pas douter. Cela est offert à tout le monde et cela traverse le temps », apprécie le représentant de l’État.

Une affectation « passionnante »

Lui aura traversé le territoire de fond en comble, inlassablement, depuis septembre 2023. À son arrivée à Lodève, son style, direct, entier, aura parfois surpris des acteurs du territoire souvent habitués à plus de déférences. Certains observateurs supposaient qu’il s’agissait là du baroud d’honneur d’un représentant de l’État engagé dans sa dernière affectation. « Le préfet Lauch m’a d’ailleurs demandé si j’avais toujours été comme ça », confie-t-il. Lui sera resté fidèle à lui-même. Multipliant les réunions, les échanges, les missions… Il s’était pleinement engagé dans le cœur d’Hérault.  » Je me suis occupé du Loup, des France services, de la ruralité… cela a été passionnant. Notre territoire est très rural et il gagne de la population. J’ai été enchanté de travailler avec la très grande majorité des élus », souligne-t-il. Au crépuscule de sa carrière, il rend aussi un hommage appuyé aux forces de gendarmerie et aux hommes du SDIS,  » des institutions qui sont proches des gens, H24. Il y a, de leur part, une vraie volonté de faire, d’être présent, d’apporter une protection à la population », insiste l’ancien militaire*… Il croit à l’intérêt général, à la capacité de faire mieux, de convaincre. « Je le crois parce que je l’espère. Je n’ai pas toujours réussi ». Il met souvent en balance un travail acharné et, parfois, un sentiment d’échec partiel, d’incomplétude. Il raconte, avoir, plus jeune, échoué à l’admission en médecine. Une « blessure narcissique » qui l’habite toujours. « Quarante ans après, je me réveille avec ce résultat que je lis sur le mur. J’ai encore ça en tête, pas tous les matins, mais souvent ». Une blessure comme un aiguillon, un moteur peut-être. Et puis, il y a ce « surcroît d’énergie, pour mon pays, pour les gens que j’apprécie, que j’aime. La volonté de faire ne m’a jamais quittée. Même lorsque j’ai été critiqué, parfois mis sur la touche pendant ma carrière », confie-t-il.

Le logement : son mantra

Passionné de l’aménagement du territoire, en Coeur d’Hérault il a « souvent demandé aux élus d’intervenir sur le logement, car il y a une crise du logement. Avec la DETR, nous avons réparé un grand nombre de logements communaux, il faudra aller plus loin. Il faudra modifier les PLUI pour pouvoir construire en hauteur. » Un mantra concède-t-il. « Il faudra loger les moins de 30 ans, c’est essentiel. Sans toit, on ne peut être employé.  » La création de richesse fait aussi partie de ses leitmotivs. Il s’agit « de monter en gamme de se diversifier, de développer un œnotourisme haut de gamme. Et j’ai vu des initiatives qui forcent le respect », salue-t-il. Réunions, prospective, l’État se veut aussi facilitateur. « Il faut rassurer les gens sur le fait que l’on peut faciliter des opérations en ingénierie, c’est le programme PVD ou Villages d’Avenir. Il n’y a pas de petit projet », rappelle-t-il soulignant que « les gens de projets sont souvent des gens de progrès », une autre de ses phrases fétiches.

« Il y a tant à faire »

Comme pour souligner l’urgence à agir et la tâche immense qui s’impose « aux personnes de bonnes volontés », il finissait invariablement ses discours de cette même formule : « il y a tant à faire », sa formule. Le 27 mars, le sous-préfet de Lodève aura encore prononcé ces mots, une dernière fois devant les autorités et les représentants du territoire avant de prendre sa retraite, son « enterrement administratif », glisse-t-il sourire en coin. Ce vendredi, samedi au plus tard, Eric Suzanne quittera le cœur d’Hérault, sa « plus belle affectation », confie-t-il.

Et, au mur de la sous-préfecture lodévoise, restera accrochée l’immense tapisserie. Comme un symbole du peuple, des petites mains auquel le sous – préfet rend souvent hommage. Lui, même, né en 1962 à Annecy, confirme, sans en jouer, être issu d’une famille modeste. « Les gens qui m’ont le plus bluffé, au moment du covid, ce sont les caissières de supermarché ».

De 1984-2002, il est Officier supérieur de la marine nationale. Diplômé de L’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence (1995/1998), il est Officier de marine et ingénieur mécanicien. 1er décembre 2002, il intègre l’administration et devient directeur de cabinet du préfet de Charente…

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