Alors que de la pêche à la truite en première catégorie ouvre ce samedi 14 mars en Aveyron, le nombre de grands cormorans, les dernières crues et le conflit avec certains riverains entravent à la pratique des adeptes de la gaule.
Le monde de la pêche aveyronnaise inquiet. C’est avec plusieurs incertitudes et peu, voire pas, de nouvelles mesures que s’ouvre la pêche à la truite en première catégorie ce samedi 14 mars. Si les dernières intempéries s’avèrent positives pour le rechargement des nappes phréatiques et donc pour le niveau de l’eau, les crues ont impacté les frayères, lieu de reproduction des poissons, et pourraient avoir des conséquences sur leur nombre. « Il va falloir faire un effort sur le prélèvement pour que les stocks se refassent« , assure Jérôme Coulon, membre de l’association de pêche La Gaule Millavoise.
La limite du nombre de six poissons par pêcheurs et par jour est toujours en vigueur et certains parcours No kill (remise à l’eau immédiate) existent, mais l’association conseille de limiter les prélèvements de truite afin de faire face à la baisse de leur population. Selon les dernières données fournies par les pêches électriques de la Gaule Millavoise, près de 50 % de la densité de salmonidés aurait été perdue ces dernières années.
Le grand concurrent des pêcheurs
Autre acteur majeur de cette diminution : le grand cormoran. Avec la raréfaction des poissons due à la pêche industrielle dans les océans et les mers, ces oiseaux, présents normalement dans les régions côtières, se sont déplacés depuis quelques années vers l’intérieur des terres pour se nourrir des poissons de rivières.
« Ils ont vraiment pillé le stock de poissons géniteurs. Ils détruisent l’écosystème des rivières et l’économie de la pêche. C’est toute la chaîne qui est touchée : les fabricants, les vendeurs, les associations et les pêcheurs« , se désole Jérôme Coulon. Le grand cormoran est une espèce protégée en France et en Europe depuis 1970, laissant peu de marge de manœuvre aux pêcheurs pour lutter.
Tensions entre riverains et pêcheurs sur fond d’incivilité
Le nombre de poissons diminuant, les sites de pêche prolifiques deviennent de plus en plus convoités. Mais la plupart de ces zones – hors intra-muros appartenant à la Communauté des communes Millau Grands Causses – se trouvent sur des propriétés privées, pouvant parfois agacer les riverains par les mauvais comportements de certains.
« On marche sur des œufs. Les gens ne veulent plus de pêcheurs sur leur propriété par rapport aux nuisances sonores, les déchets laissés, le stationnement sauvage…« , regrette Jérôme Coulon. L’association de pêche de la Gaule Millavoise a tout de même signé plusieurs baux sur la Dourbie pour que les pêcheurs aient des coins dédiés et éviter les tensions avec les habitants.
Objectif recrutement pour la Fédération de pêche de l’Aveyron
Aujourd’hui, ils sont environ 20 000 pratiquants en Aveyron ; un nombre qui chute d’année en année, comme de partout en France. « Quand pêcher devient aussi compliqué, on constate les dégâts liés à ces problématiques et ça devient difficile d’attirer ou conserver des adhérents« , confie Jérôme Coulon.
La Fédération aveyronnaise s’accroche toute de même. Seule en France à posséder une école de pêche, elle est partenaire de l’Éducation nationale et ses membres se rendent dans les établissements scolaires afin d’y sensibiliser les plus jeunes et former de nouvelles recrues.



