"Je me suis cachée sous la couette et j’ai appelé les flics" : lors d’un procès pour violences intrafamiliales, les propos glaçants d’une enfant de 11 ans

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Un Anduzien a été jugé en comparution immédiate, au palais de justice d’Alès, ce jeudi 2 avril, après s’en être pris à sa compagne.

Mercredi 1er avril, de bon matin, dans un logement d’Anduze, dans les Cévennes gardoises, le réveil est brutal. Au lendemain d’une soirée qu’elle a passé au loto, une femme est réveillée par son compagnon, mécontent semble-t-il qu’elle s’y soit rendue. Il tambourine à la porte de la chambre, profère des insultes, entre puis la pousse violemment. Elle se cogne la jambe contre le lit. Entendant ce qu’il se passe, la fillette de la victime alerte les gendarmes. La déposition de cette enfant de 11 ans est glaçante : « J’ai eu peur qu’il la frappe, ou qu’il prenne un couteau et la tue. Je me suis cachée sous la couette et j’ai appelé les flics. » Son beau-père, interpellé en milieu de matinée, est conduit, jeudi 2 avril, entre deux militaires, jusqu’au box du tribunal d’Alès, où il est jugé en comparution immédiate.

Artisan âgé de 35 ans, en situation de récidive, il pointe son alcoolisme. « On s’est poussé mutuellement. On s’est insulté mutuellement. Je l’ai poussée comme elle m’a poussé », déclare-t-il, les larmes aux yeux, en précisant qu’il ne l’a pas giflée. « Je regrette vraiment, vraiment, le comportement que j’ai. Je comprends que la Justice en a marre de moi. Je ne suis pas un mauvais garçon. » Conseil de la partie civile, Me Camille Monestier indique que la conjointe est « dans une logique de séparation », qu’il « est impératif de mettre à la charge de Monsieur une obligation de soins ».

La substitut du procureur : « Ça m’a sidérée ! »

Cindy Fernandez, la substitut du procureur de la République, n’en revient toujours pas : « Dans quel monde une enfant de 11 ans doit vivre ça ? Nulle part. Ça m’a sidérée ! » Le « positionnement » du prévenu, qui, dit-elle, « fait régner la terreur dans cette maison », l’interpelle. Elle requiert, au principal, 18 mois de prison, dont six avec sursis probatoire, la révocation d’un sursis probatoire de trois mois et un mandat de dépôt.

La défense veut mettre un terme au « délire »

Me Karim Derbal s’interroge sur l’interprétation de la loi au sujet des violences intrafamiliales. Particulièrement dans le cas présent où, estime-t-il, elles seraient notamment réciproques. « Si ça c’était passé en dehors de la sphère familiale, je ne sais même pas s’il y aurait eu une amende. On passe de rien à un mandat de dépôt », plaide l’avocat de la défense, s’excusant de ne pas être « politiquement correct ». Persuadé que le texte n’a pas été prévu pour ce qu’il voit comme de vulgaires disputes conjugales, il clame que « le délire doit s’arrêter à un moment donné. Et ça doit s’arrêter quand les juges disent stop. » Il leur demande alors de « revenir à la réalité ». De le « sanctionner, certes, mais vous n’irez pas jusqu’à décider de fracasser ce qu’il a construit dans sa vie ».

Le conseil est entendu. Cet Anduzien est condamné à 18 mois de prison, dont la moitié avec sursis probatoire. Ses trois mois avec sursis sont aussi révoqués. Mais le mandat de dépôt n’est pas prononcé ; ce qui signifie que la peine ferme est, donc, potentiellement aménageable.

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