"Je suis au service des élus" : Denis Terraillon, nouveau maire de Montarnaud, en chef d’orchestre

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Successeur de Jean-Pierre Pugens à la mairie de Montarnaud, Denis Terraillon défend une approche inspirée du management d’entreprise. Entre urgence urbanistique et ambitions à plus long terme, il expose une méthode et des objectifs.

Dans quel état d’esprit arrivez-vous en mairie ? Vous dites en plaisantant qu’un bon maire, c’est « un maire qui ne fait rien »… Pourriez-vous nous éclairer sur cette formule ?

(Sourire). Effectivement, nous avons une équipe de dix adjoints ou conseillers délégués. Ce sont des personnes qui ont manifesté des ambitions pour le village, sur des sujets complémentaires. Je considère que mon rôle est de les aider à instruire, à financer et à réaliser leurs projets. Je suis au service des élus, un peu comme un chef d’orchestre. Par exemple, la personne qui va présenter le nouveau projet de la cave (lire ci-dessous) le présentera en conseil, je vais l’aider, mais c’est elle qui le défendra… C’est ma philosophie, je suis issu du monde de l’entreprise. Quand on dirige une entreprise, on ne fait pas le travail de tout le monde. On s’appuie sur du personnel, des équipes, des cadres… On ne vient pas leur dire comment faire. Mais ils viennent nous voir lorsqu’ils rencontrent une difficulté, lorsqu’ils ont un besoin de financement ou de recrutement. Je sais fonctionner comme cela.

Quelles sont les priorités ?

L’urgence absolue, c’est le Plan Local d’Urbanisme. La consultation par le commissaire enquêteur s’est terminée pendant la campagne, nous disposons de quinze jours pour lui répondre. Les propriétaires de parcelles et l’État ont formulé de nombreuses remarques. Il faut aussi mettre en cohérence ce PLU avec le SCoT, (Schéma de cohérence territoriale du Pays). En outre, les projections démographiques sont beaucoup trop élevées. Le PLU prévoit 5 157 personnes en 2033, cela n’est pas conforme au SCoT et Montarnaud ne dispose pas des structures pour accueillir 900 personnes de plus. La commune s’est déjà beaucoup développée. Nous avons absorbé la précédente vague, nous ne pouvons pas continuer ainsi. Aujourd’hui, notre ambition c’est de stopper l’urbanisation rapide. Nous voulons faire une pause dans le développement de Montarnaud pour avoir le temps d’adapter les infrastructures au village : les routes, stationnements, circulation…

Il y a aussi une question d’accès à l’eau….

Oui. Le moratoire sur l’eau est toujours actif. Mais le PLU (actuel) n’en tient pas trop compte car il est considéré, dans ce document, que le problème serait résolu. Or il ne l’est pas. C’est une raison supplémentaire pour ralentir le temps que nous ayons de l’eau en quantité suffisante. Il faut que nous voyions la CCVH qui doit nous raccorder à un autre point d’eau…

Changement de braquet sur la cave coopérative

Successeur de Jean-Pierre Pugens à la tête de la mairie de Montarnaud, Denis Terraillon a décidé de changer de braquer sur le projet de réhabilitation de l’ancienne cave coopérative. Un projet qui a fait couler beaucoup d’encre ses dernières années et qui s’est imposé au cœur de la dernière campagne des municipales.

Un écho à la consultation

"Nous renonçons au projet “historique” qui était de faire une salle de spectacle et une mairie dans ce grand bâtiment. Nous revenons au projet issu de la consultation publique que nous avions menée en 2022", rappelle le nouveau maire. En l’occurrence, les Montarnéens souhaitaient que des salles associatives, une médiathèque, un centre social, une salle multi-usage voient le jour en ce lieu. Le nouveau projet reprend donc ces grandes lignes. "L’idée c’est que de la rue, on rentre dans la médiathèque. Nous créons le centre social au-dessus de la médiathèque. De l’autre côté, nous ferons un grand hall qui sera un tiers lieu qui comprendra des mini-salles adaptées aux associations. Ce sera un endroit où toutes les générations pourront se retrouver. Ceux qui souhaitent faire de la danse ou des sports de combat, se partageront la salle. Ceux qui veulent faire d’autres activités auront des salles plus petites…", décrit le nouvel édile. Sur l’arrière, l’étage comprendra un espace dédié au co-working et des salles de réunion. Car cette version revue et corrigée du projet comprend trois volets : l’associatif, le culturel et le professionnel. Un secteur économique qui fait partie des priorités de Denis Terraillon : "Cinq cents personnes travaillent à leur compte, à Montarnaud, et n’ont pas d’endroit pour se retrouver ou pour recevoir des clients… Des étudiants ont aussi besoin d’endroits pour travailler", justifie-t-il. Côté rue, la médiathèque et le CCAS seront pilotés par la mairie. L’autre côté, sera piloté par le secteur associatif. Quant au coût, "L’avantage de cette solution c’est qu’elle coûte beaucoup moins cher", assure Denis Terraillon. Côté médiathèque et centre social, "on utilise les structures existantes, nous n’avons que du second œuvre à faire. Les coûts de réalisations sont très raisonnables". Côté associatif, des “structures légères” seront mises en œuvre, "sur des solutions constructives qui ne coûtent pas cher". Après les études et le dépot du nouveau permis de construire, les travaux pourraient débuter en 2027.

L’ancien projet était estimé à environ 6 M €, (après démolition, donc 8 M€ au total). Aujourd’hui le projet qui s’élève à 4 M€ avant subventions. « Je pense que cela coûtera à la commune environ 3 M€, estime Denis Terraillon. (6 M€ au total en comptant la démolition).

Quels sont vos projets à plus long terme ?

Nous en avons beaucoup, dans chaque domaine : environnement, écoles… Nous souhaitons par exemple créer une cantine locale pour fabriquer les menus. Cela permettra de rapatrier des emplois sur Montarnaud. À plus long terme, le gros objectif est de travailler sur l’aspect économique de Montarnaud. Un de nos élus va aider les porteurs de projets sur le parcours entrepreneurial. Des investisseurs cherchent des locaux, nous sommes à la sortie de l’autoroute, c’est une énorme opportunité. Nous souhaitons absolument réaliser l’extension de six hectares de la ZAE de La Tour entre Saint-Paul et Montarnaud…. Le travail sur le PLU doit nous libérer ces surfaces nécessaires. Cela va générer des emplois.

L’économie est une compétence pilotée par la CCVH…

Oui, et nous avons aussi des opportunités dans le village. Des gens cherchent des locaux, des pas-de-porte, on veut aussi ajouter des commerces. Un village dans lequel il y a un bon équilibre économique est un village qui va bien. Aujourd’hui, il y a trop de maisons mais pas assez de travail. Nous avons une réputation de village dortoir, ce n’est pas agréable. Nous voulons retrouver le vivre ensemble, un village où les personnes ont plaisir à se retrouver. Le centre du village doit redevenir le centre social et économique.

D’autres chantiers ?

Nous allons également travailler sur la sécurité. Nous avons beaucoup de questions sur ce sujet pendant la campagne. Nous allons faire un audit sur quatre axes : la sécurité routière, nous voulons sécuriser le parcours des enfants entre les écoles, les quartiers… D’autres audits porteront sur les incivilités, la sécurité des équipements publics et sur la prévention des risques. Le changement climatique est à l’œuvre et le risque incendie va nous amener à consulter la population. Derrière, on fera un plan d’action. Nous allons aussi travailler sur la végétalisation, créer des parcs et des jardins… Nous avons beaucoup, beaucoup d’idées. Mais l’urgence, aujourd’hui, c’est le PLU.

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