Après 55 ans de carrière, l’homme aux 35 millions de disques vendus continue de remplir les salles et n’entend pas raccrocher le micro. Il est ce dimanche sur la scène du Zinga Zanga.
Vous avez derrière vous 55 ans de carrière, 35 millions de disques vendus, des concerts sur toutes les scènes francophones… Qu’est-ce qui vous motive pour partir encore en tournée ?
La passion. Je serai malheureux d’arrêter, et le public encore plus. Dans mes spectacles, il vient retrouver ses points de repère. C’est une communion. Et puis, j’ai des contrats avec des maisons de disques à assumer. Tant que j’aurai la santé, la voix, l’inspiration, je continuerai.
Votre public a vieilli avec vous ?
Oui, mais il s’est aussi renouvelé. Des chansons comme Je t’aime à l’italienne ou Mon cœur te dit je t’aime se sont transmises de génération en génération, elles sont entrées dans la mémoire collective. Dans les salles je retrouve les grands-parents, les parents, mais aussi beaucoup de jeunes. Et puis, il y a les fans : certains achètent des places pour 15 ou 20 dates différentes !
Vous vous assumez comme un chanteur romantique. C’est quoi, une chanson romantique ?
Je compose toutes mes musiques, et je demande à mes paroliers d’écrire des chansons d’amour qui sont des tranches de vie, dans lesquelles les gens peuvent se retrouver. J’ai fait des chansons sur ma mère, sur la garde partagée des enfants, l’enfant qui vient d’ailleurs, que faire pour ne jamais te perdre… Tout le monde a vécu ça. Mais écrire sur des musiques populaires comme celles que je compose, qui se retiennent, qui touchent le cœur de millions de personnes, c’est la chose la plus difficile à faire. D’ailleurs, si c’était facile, tout le monde vendrait des millions de disques !
Aujourd’hui, l’étiquette romantique, ce n’est pas ringard ?
Dalida, qui m’avait dédicacé un de mes disques d’or, avait écrit : « Au dernier des romantiques ». Dans les années 70, les chansons d’amour, c’est vrai, étaient devenues ringardes. Mais aujourd’hui, avec le monde qui tourne à l’envers, l’amour est redevenu une vraie valeur.
Ce qui a changé, aussi, c’est que les émissions de variété, qui accueillaient des artistes comme vous, ont disparu…
C’est vrai, dernièrement j’ai participé à des émissions qui s’appellent un Week-end à la campagne, la Boîte à secrets, Télématin… On y passe un morceau de clip, et on discute, on se confie. Les gens veulent en savoir plus sur notre vie quotidienne, nos souvenirs. Pour l’artiste, c’est une autre façon d’être présent.
Votre nouvel album, Tout s’oublie un jour, est-il différent des autres ? D’ailleurs, combien en avez-vous sorti ?
Alors là, c’est une colle, je ne sais pas ! Oui, celui-ci est différent car mes musiques sont plus entraînantes. J’essaie de suivre l’air du temps, j’évolue. Et puis, pour la première fois, ma femme et ma fille ont participé à l’album.
Comment ça se passe, un concert de Frédéric François ?
Imaginez un groupe de rock… Et vous y êtes. Les gens sont surpris car sur scène ce n’est pas juste Frédéric François avec un micro et un projecteur qui le suit. C’est un vrai show. J’ai sept musiciens sur scène, des choristes, un mur de leds, quinze techniciens qui me donnent un son magique. Je veux que les gens sortent avec des étoiles dans les yeux.
À 75 ans, vous affichez une mine insolente… C’est quoi votre routine ?
Je vais régulièrement à la salle de sport, j’ai un coach, je fais de la musculation, je veille à ne pas grossir, je travaille mon look, je fais de vocalises. C’est une discipline, comme celle d’un grand sportif.







