Jean-Noël Barrot à Montpellier : "L’Europe ne pas devenir une colonie numérique des États-Unis ou de la Chine" affirme le ministre

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Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a longuement plaidé pour une Europe forte face aux États-Unis, la Chine ou la Russie.

« C’est une bonne nouvelle pour l’Europe, une très mauvaise pour Vladimir Poutine qui, dans sa guerre d’agression vaine qu’il mène face à l’Ukraine, perd son principal cheval de Troie au sein de l’Union européenne. »

Interrogé par Andreea Axinte sur la récente victoire de Peter Magyar face à Viktor Orbán en Hongrie, Jean-Noël Barrot s’est aussi réjoui « du recul des forces politiques populistes ou d’extrême droite aux Pays-Bas, au Danemark et en Italie, avant la Hongrie. Cela montre que les Européens sont pleinement conscients que leur capacité à résister à la pression des nouveaux empires ne passe pas par un repli nationaliste mais par une Europe plus souveraine, plus forte. »

« Il faut ouvrir une troisième voie »

Alors que l’ancien député Élie Aboud suggérait, ironiquement, de dresser à Bruxelles deux statues de Donald Trump et Vladimir Poutine, « auxquels on doit le réveil de l’Europe », le ministre a confirmé le besoin de voir le Vieux Continent « ouvrir une troisième voie dans laquelle s’engouffreront l’immense majorité des pays du monde, qui entendent rester libres ».

Aussi face à la Chine sur le plan commercial. « Il ne faut pas être spectateur, mais acteur engagé. C’est ainsi que je conçois le rôle de l’Europe qui doit accélérer sa transformation d’un continent de consommateur à producteur. C’est en ce sens que nous œuvrons depuis dix ans au service d’une plus grande souveraineté. Nous obtenons de premiers résultats pour la protection de filières menacées par la concurrence déloyale en imposant préférence européenne dans les marchés publics », a rappelé M. Barrot.

Il faut aussi, selon lui, investir « dans les technologies qui, demain, s’inviteront dans notre vie quotidienne, pour ne pas devenir une colonie numérique des États-Unis ou de la Chine ».

Le ministre, interrogé sur le réchauffement des relations avec la Grande-Bretagne, a assuré que les autorités britanniques « trouveront des bras grands ouverts s’ils veulent réentrer sur le marché unique, avec ses droits et ses devoirs ».

« Plus de dix pays veulent rejoindre l’Union européenne et aucune autre organisation politique dans le monde ne peut en dire autant », a-t-il insisté comme pour montrer la force de l’Europe. Mais, a-t-il aussi appuyé, pour que celle-ci se lève, « il est essentiel que la France montre la voie. Le scrutin de l’année prochaine sera important ».

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