"J’étais dans une mauvaise passe" : lors de la perquisition, il tente de se débarrasser de deux sacs contenant 5 kg de stupéfiants

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Après une première demande de renvoi, l’affaire a été jugée ce mercredi 8 avril devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Poursuivi pour la détention de près de 5 kg de cannabis, d’armes et de près de 12 000 euros en numéraire notamment, le prévenu nie toute implication dans un soi-disant trafic de drogues.

« On m’a mis la pression pour garder ces sacs », a expliqué, ce mercredi 8 avril, face au tribunal correctionnel de Nîmes, le prévenu. Un aveu qui contraste avec ses précédentes déclarations, où il affirmait ne rien avoir avec les deux sacs retrouvés sur le balcon de son voisin du dessous. « J’ai entendu les policiers chez ma voisine, j’ai paniqué », reconnaît-il finalement à l’audience.

En effet, le 23 février dernier, après un renseignement anonyme, les policiers, appuyés par les équipes cynophiles, procèdent à la perquisition du domicile du trentenaire, après le marquage du chien. Lors de la fouille, un vaste matériel lié au conditionnement (balance, couteau avec des résidus de résine de cannabis, sachets), deux armes dont un fusil de chasse non déclaré et près de 12 000 euros de numéraire sont saisis. Quant aux deux sacs balancés par le balcon, à l’intérieur, sont retrouvés près de 5 kg de stupéfiants.

« Quand on est nourrice de plus de 5 kg, on ne gagne pas 300 euros »

Une procédure qui présente, cependant, plusieurs irrégularités selon l’avocat de ce dernier, Me Hugo Ferri. Il évoque notamment un manque de clarté entre l’enquête de flagrance et l’enquête préliminaire, et demande que la régularité des actes soit sanctionnée. Le tribunal rejette cette requête.

Quant au fond du dossier, son client reconnaît partiellement les faits lors de l’audience. « Je ne suis pas dans le stupéfiant moi. J’étais dans une mauvaise passe, je venais de me séparer avec ma femme, je n’avais plus rien », s’explique-t-il alors. Son casier ne fait, effectivement, état « que » de délits routiers. Pour ce rôle de nourrice, il explique qu’il était rémunéré à hauteur de 300 euros par mois. « Mais quand on est nourrice de plus de 5 kg, on ne gagne pas 300 euros, c’est faux », nuance cependant la présidente.

Concernant l’importante somme d’argent retrouvée au domicile, le prévenu affirme qu’elle provient de son mariage, sans convaincre la juridiction. La procureure tente alors d’obtenir plus de précisions. « Pourquoi vous avez des morceaux de plastique effilochés, qui ressemblent beaucoup à ceux utilisés pour conditionner de la cocaïne ? » « Ce sont des vieux plastiques, je ne sais pas », rétorque le prévenu. Mais son avocat rappelle que, contrairement à ce qui est indiqué dans la procédure, aucune trace de cocaïne n’a été retrouvée chez son client.

Plusieurs relaxes plaidées par la défense

Outre cette affaire de stupéfiants, le trentenaire est également poursuivi pour deux faits d’escroquerie, liés à deux entreprises dont il était le gérant. Pour la procureur, l’ensemble des éléments et les « justifications limitées » du prévenu suffisent à entrer en voie de condamnation. Elle requiert 30 mois de prison ferme.

Une culpabilité contestée par Me Ferri qui met en exergue plusieurs manquements dans la procédure. Pour les faits d’escroquerie, dont une affaire concerne la location d’une Volkswagen qui a, depuis, disparu, il soulève notamment l’absence de vérification. « Une chose aurait été simple, c’est de montrer la photo de mon client au loueur pour être sûr que c’était bien lui qui avait signé le document ». Il plaide donc la relaxe. Mêmes demandes pour la détention d’arme de catégorie C – « pour laquelle aucune vérification auprès de l’armurier n’a été faite » –, ainsi que pour la non-justification de ressource et le refus de remettre la convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie.

Des relaxes accordées par le tribunal. Pour la détention, le trentenaire est condamné à 3 ans de prison dont un an assorti d’un sursis probatoire pendant deux ans, avec maintien en détention. L’argent et les téléphones sont confisqués, le surplus a, quant à lui, été détruit.

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