L’école du quartier Richelieu fait partie des établissements qui pourraient perdre une classe à la rentrée de septembre 2026. Inimaginable pour les parents d’élèves qui se sont mobilisés ce vendredi matin.
Pour la deuxième année consécutive, l’école élémentaire du Mont Duplan à Nîmes pourrait perdre une classe. Elle fait en effet partie des nombreuses écoles sur la liste du Directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen) Christophe Mauny qui sont susceptibles d’être touchée par la réduction de moyens (1).
Dans le quartier Richelieu/Mont Duplan, cette menace est particulièrement mal accueillie. Des pancartes ont été accrochées au mur de l’école, une pétition circule contre la fermeture (plus de 200 signatures ce vendredi matin) et une mobilisation a été organisée ce vendredi matin. « On le prend hyper mal, explique la présidente de l’Association des parents d’élèves Delphine Pereira. On nous a déjà supprimé une classe en septembre dernier. On n’avait alors rien dit car oui, l’effectif était bas. Mais là, ce n’est plus possible. On est dans un quartier populaire, cette école pourrait être classée en Rep, si cela ne dépendait pas du collège et elle a des spécificités. »
Classe pour les élèves allophones, UEA…
Première spécificité, l’existence d’une classe UPE2A (unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) pour les enfants allophones. « Il s’agit d’enfants primo-arrivants, certains n’ayant encore jamais été scolarisés et qui ont des temps d’inclusion dans des classes ordinaires. »
Autre spécificité, l’existence d’une Unité d’enseignement adapté pour des élèves porteurs de troubles oraux ou de problèmes de surdité.
Enfin, dans un quartier Richelieu paupérisé, « on a des familles très précaires, économiquement, socialement, avec des apprentissages difficiles », explique Delphine Pereira.
La directrice Karine Phélut précise : « Les deux tiers des élèves sont ce qu’on appelle des élèves à bestoins éducatifs particuliers. On a des élèves pour lesquels il y a un jugement dans la famille, des allophones, des notifications MDPH… Et il y a une convergence d’indicateurs qui traduisent la fragilité des familles et donc des élèves. Par exemple, 86 % des parents, du fait de leurs revenus, payent le repas de cantine au prix d’un euro. » « Ça fait beaucoup trop pour une petite école de quartier, renchérit Fabien Jaquet, représentant des parents d’élèves. On a des difficultés, on ne peut pas se baser juste sur des statistiques. »
Malgré tout, les parents d’élèves se félicitent d’une école ayant une équipe investie qui réussit à créer des conditions de réussite malgré les difficultés. « Les retours qu’on a du collège de nos anciens élèves sont bons, confirme la directrice. On y arrive, avec les effectifs actuels, entre 19 et 22 élèves par classe. Mais si on passe à 24, ce ne sera plus pareil. Quand une école fonctionne malgré sa fragilité, il ne faut pas chercher à l’affaiblir. »
Pierre-Edouard Détrez : « Je serai attentif et combatif »
Pierre Edouard Détrez, nouvel adjoint délégué à l’éducation, était présent ce vendredi matin devant l’école et a pu rencontrer les responsables de l’APE et la direction de l’école. Il n’entend pas, sur ce sujet, rester inactif : "Nous avons eu une réunion ce jeudi avec le maire Vincent Bouget, la 1re adjointe Amal Couvreur, le Dasen M. Mauny et moi-même. M. Mauny a expliqué ses projets, le maire lui a fait part de son désappointement. La définition de la carte scolaire sera validée en avril. Il y a des fermetures crédibles et d’autres beaucoup moins. Je vais être attentif et combatif", a-t-il déclaré à Midi Libre. Le Dasen Christophe Mauny n’a pas, pour l’heure, répondu à nos appels.








