Un homme de 57 ans a été condamné à deux ans de prison, dont un ferme, mercredi 25 mars 2026 après avoir porté un coup de couteau au cou à un ami lors d’une soirée alcoolisée à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).
Les faits remontent à la soirée du samedi 21 mars 2026, rue Marcel-Sambat, près du front de mer.
Alertés un peu avant 20 h, les policiers ont découvert un individu gisant sur la voie publique, le t-shirt couvert d’hémoglobine.
Il présente une large entaille à la gorge, qui nécessitera sept points de suture.
Une première gifle
« Les policiers n’ont eu qu’à suivre les traces de sang jusqu’à l’appartement où ont eu lieu les violences », avance le président du tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, au cours du procès en comparution immédiate.
Le locataire des lieux a été interpellé sur place, passablement ivre.
« Tellement alcoolisé qu’arrivé au commissariat, vous n’arriviez pas à souffler », s’étonne le magistrat.
« Il me manquait de l’air. Je suis asthmatique », présente le prévenu.
Lui et la victime, âgée de 47 ans, sont de nationalité portugaise, et se connaissent depuis quelques mois.
Cette soirée, où se trouvaient également la compagne du blessé et une amie, avait connu un premier coup de chaud.
Pour une raison qui diffère selon les protagonistes, une histoire de jalousie ou un différend autour de la cuisson du poulet, le mis en cause aurait giflé son camarade avant de mettre tout le monde dehors.
« J’ai pensé à mes deux filles »
Mais la victime est revenue dans le studio pour chercher son téléphone.
Selon ses déclarations, il aurait été frappé sur le côté de la gorge d’un coup de lame circulaire de droite à gauche, avant toute forme de discussion.
« Je suis sorti les mains autour de mon cou, j’ai descendu les escaliers, puis je suis tombé par terre. J’ai pensé à mes deux filles », décrit le blessé aux juges.
« C’était comme un frère. Je tenais beaucoup à lui. »
Du côté du mis en cause, une autre version, mais aussi « des déclarations évolutives », note la procureure.
Il décrit une nouvelle empoignade, alors que tous deux tenaient un opinel, et un coup qu’il aurait porté sans s’en rendre compte.
« Quand j’ai vu le sang sur mes mains, j’ai cru m’être coupé », présente-t-il.
« Des témoins l’ont entendu crier »
« Pourtant, des témoins l’ont entendu crier, appeler à l’aide, avant de s’écrouler dans la rue », s’étonne le magistrat.
Le quinquagénaire, intérimaire dans le domaine de la construction, a un casier judiciaire vierge, et n’est pas quelqu’un de violent selon ses proches.
Il peine à mettre des mots sur ce geste qui aurait pu tuer. « Je ne suis pas médecin mais cela se joue à pas grand-chose », relève le président du tribunal.
« C’est une misère, c’est triste. Je m’excuse », bredouille l’intéressé.
Rappelant que l’enquête avait été initialement ouverte pour tentative de meurtre, la procureure requiert 24 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire.
« Un geste isolé »
« Pour un geste isolé au cours de plus de cinquante ans d’existence, c’est complètement déconnecté », proteste Me Conta.
« Si cette affaire manque cruellement de clarté, ce n’est pas uniquement de sa faute », estime l’avocate, pointant des auditions raccourcies et la barrière de la langue.
« Il est en France depuis 25 ans, n’a jamais porté de coup à quelque personne que ce soit. On est clairement sur une consommation d’alcool importante et non habituelle, dès le matin sur le marché. »
Il n’a pas été incarcéré à l’issue de l’audience, et sera convoqué ultérieurement devant le juge d’application des peines.
Le sursis probatoire comprend une obligation de travail, de soins, et une interdiction d’entrer en contact avec la victime.
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