Après les élections municipales, le visage de l’agglo a évolué avec 19 nouveaux maires sur 39 communes dont Vincent Bouget à Nîmes, qui brigue la présidence de Nîmes Métropole. L’élection est prévue le 14 avril. Quels sont les enjeux ?
Qui sera le prochain président de Nîmes métropole ? Les 105 élus communautaires – dont beaucoup de nouvelles têtes – l’éliront le 14 avril prochain. Mais dès l’entre-deux tours des municipales, alors que le nouveau paysage politique des 39 communes de l’agglo était déjà largement connu, les coups de fil, discussions et réunions avaient commencé car le poste est éminemment stratégique.
L’élection du maire de Nîmes dimanche dernier a levé la dernière inconnue. D’autant que la victoire de Vincent Bouget et de la gauche change (un peu) l’équilibre d’une agglo majoritairement à droite depuis sa création et qui le reste encore.
Eddy Valadier n’est pas candidat à la présidence
La candidature de Vincent Bouget à la présidence de l’agglo pourrait ouvrir une alternance à la tête d’une assemblée qui a toujours été présidée par un élu de Nîmes, Fournier, Lachaud puis Proust. En 2020, Eddy Valadier, maire de Saint-Gilles, deuxième plus grosse commune de l’agglo avait un temps envisagé de s’y présenter avant de renoncer et que Franck Proust, alors adjoint de Nîmes, soit élu avec 79 voix.
Largement réélu le 15 mars dernier avec plus de 83 % des voix, le premier édile de Saint-Gilles l’assure : « Je ne suis pas candidat, j’ai pris ma décision depuis des semaines même si c’était sans doute jouable. Mais il y a l’arithmétique et la politique ! Je souhaite une présidence apaisée et un travail efficace sur les dossiers du territoire. Et si nos visions peuvent être différentes, il y a des dossiers sur lesquels on ne fera plus marche arrière, Magna Porta, il faudra bien y installer des entreprises, par exemple ».
Olivier Fabregoul : « L’agglo, c’est le consensus au-delà des étiquettes politiques »
Reste qu’il faudra quand même sortir les calculettes ! Plus grosse ville de l’agglo, Nîmes envoie donc 52 élus à l’agglo (37 de la liste Bouget, 10 de la liste RN de Sanchez et 5 de la liste divers droite de Franck Proust). Pour que Bouget ait une majorité d’au moins 53 élus, il faudra aller chercher 16 voix. Rémi Nicolas, maire divers gauche réélu à Marguerittes, et élu au Département avec Bouget, y travaille. « Que la ville centre soit à la tête de l’agglo, c’est le plus efficace et le plus raisonnable. Une candidature alternative serait vouée à l’échec. La ville centre a un poids avec 150 000 habitants sur les 265 000 de l’agglo et apporte 60 % de la richesse, c’est elle qui donne le tempo. Et il n’y aura pas d’effet « attention aux communistes », assure-t-il. Les dix-huit nouveaux maires presque tous estampillés « sans étiquette » pourraient faire pencher la balance.
Vincent Bouget : « Que tous les maires se sentent associés à Nîmes métropole »
"Il est important que tous les maires se sentent associés au projet de territoire de Nîmes Métropole", rassure Vincent Bouget, le maire de Nîmes qui en brigue la présidence. Il estime que si la ville centre en a la présidence, "c’est gage de fluidité" et parle de travail en intelligence et en partenariat, "l’agglo est plus que la somme des communes qui la composent, c’est le lieu des compromis dynamiques, il n’y aura jamais de passages en force si je suis élu". Bien sûr, des sujets feront divergences, comme le PLUi, "mais je n’ai pas peur du dialogue", ajoute le candidat.
Olivier Fabregoul, réélu à Caissargues, enfonce le clou : « La guerre Fournier / Lachaud avait été délétère. Que le maire de Nîmes soit président de l’agglo, ça me semble légitime. L’agglo, c’est un travail de consensus, au-delà des étiquettes politiques. L’équilibre du territoire se jouera aussi sur les vice-présidences, 11 sur 15 sont dévolues aux communes ».
Bernard Clément, reparti pour un septième mandat à Domessargues ne boude pas son plaisir « maintenant, il y aura deux maires communistes à l’agglo ! » Et d’ajouter : « Je reste persuadé qu’une majorité va se dessiner pour soutenir le nouveau maire de Nîmes ». En coulisses, un observateur avisé de Nîmes Métropole glisse, « une autre candidature serait techniquement possible, d’autant que les communes qui ont 2, 3 ou six élus sont principalement à droite mais une opposition trop frontale entre l’agglo et Nîmes, ça ne marchera jamais… »
Des craintes aussi…
Derrière l’apparent consensus et l’envie de travailler dans le compromis « pour le territoire », des craintes affleurent. « Quand on est président de l’agglo, on parle pour 39 communes », lance Frédéric Touzellier, maire de Générac réélu, et très investi et très influent vice-président de l’agglo. « Moi, je ne suis pas candidat à la présidence mais il faudrait un autre projet que celui de Nîmes. Une agglo présidée par un élu qui n’est pas le maire de Nîmes, c’est fonctionnel ».
Lui redoute certains choix à venir sur les fonds de concours, la loi SRU, la Zéro artificialisation des sols, le passage au PLUi qui ferait perdre la main sur le PLU aux maires, l’avenir de l’aéroport, l’aménagement du territoire ou la régie, « nous avons déjà eu des débats dogmatiques avec la gauche sur ces sujets ». « Nous serons vigilants », complète Olivier Fabregoul.








