La réalisatrice Catherine Cosme vient présenter à Bagnols-sur-Cèze son premier long-métrage, tourné en grande partie à Montclus

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Dans le cadre du festival Itinérances, la réalisatrice Catherine Cosme vient présenter son premier long-métrage Sauvons les meubles, tourné en grande partie à Montclus, lundi 23 mars à 18 h au Cinéplanet d’Alès et mardi 24 mars à 21 h au cinéma de Bagnols-sur-Cèze.

Il est indiqué que Sauvons les meubles est largement inspiré de votre histoire personnelle : dans quelle mesure ?

Il y a environ 8 ans, ma mère est tombée malade d’un cancer qu’elle nous a caché. Donc, je suis descendue à Avignon et là, je l’ai trouvée dans un grand état de souffrance. J’ai appelé mon frère qui s’est mis dans les papiers. Un soir, il m’a annoncé que notre mère avait usurpé mon nom pour des crédits à la consommation. On l’a ensuite accompagnée vers sa fin de vie et ça a été un moment où il y a eu beaucoup d’amour, où je ne l’ai pas confrontée. Puis j’ai fait le chemin pour comprendre à quel moment ces crédits avaient été faits et je me suis rendu compte qu’elle les avait faits à des moments compliqués de nos vies. C’était une manière de nous protéger, de nous aimer. Quand j’ai commencé à écrire le film, je me suis intéressée à ma mère mais aussi à tous ces gens qui font des crédits et tombent dans la spirale du surendettement.

« Une manière de dire à ma mère ce que j’ai jamais osé lui dire »

Comment êtes-vous parvenue à parler du surendettement familial, sujet peu abordé au cinéma ?

J’avais envie de faire un film qui soit solaire. Je ne voulais pas du tout mettre le spectateur dans une prise d’otage de tension dramatique. Je souhaitais qu’il puisse avoir des moments d’oxygène, de rire, de larmes. J’avais besoin de l’emmener dans ce parcours qu’on vit tous, c’est-à-dire de perdre un parent, tout en l’associant au sujet de l’usurpation d’identité. Surtout, je me suis dit que ce serait une manière de dire à ma mère ce que je n’ai jamais osé lui dire à ce moment-là en fait.

Un film solaire, d’où le choix de tourner notamment à Montclus ?

Pour moi, c’était évident que je devais réaliser le film dans le sud de la France où je suis née et d’où je suis partie à 20 ans pour aller en Belgique. J’avais besoin de ces paysages-là, de cette luminosité… J’avais envie d’inviter le spectateur dans un endroit lumineux pour raconter une situation qui est à la fois horrible et absurde. Et Montclus, car mon producteur a une maison là-bas. C’était important, géographiquement, d’être dans un lieu où l’on pouvait tout faire. Pour aussi être dans l’économie, car c’est un film à petit financement, à 600 000 €, avec une équipe qui a su tourner en un temps record, 23 jours de tournage. Et le lieu est génial.

Des habitants ont participé en tant que figurants : c’était important pour vous ?

Oui, oui. La scène du bal, ça a été de la figuration du coin. Les gens du village nous ont hyper bien accueillis. Ils ont vraiment cherché à ce que tout se passe bien. Je n’aurais jamais eu autant d’ouverture si j’avais tourné mon film dans une grande ville. Ça n’aurait pas eu le même sens. Là, il y avait vraiment le travail du collectif.

« Plus le film sera présent dans le Sud, plus je serai contente »

En quoi votre expérience de décoratrice vous aide dans votre métier de réalisatrice ?

Quand tu fais un film, en tant que réalisateur, on te pose 15 000 questions. C’est pareil en décoration où tu gères de grosses équipes. Moi, ça m’a aidée à structurer, à comprendre, à rapidement voir le potentiel de chaque lieu et à trouver comment faire la mise en scène.

Vous avez récemment reçu le César des Meilleurs décors et l’actrice principale de Sauvons les meubles, Vimala Pons, celui de Meilleure actrice dans un second rôle…

On était hyper heureuses l’une pour l’autre parce qu’on sait à quel point le César booste nos carrières respectives et que quelque part il boostera aussi la visibilité du film. Évidemment, pour nous, c’est génial.

Présenter ce film à Itinérances, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

C’est hyper important pour toutes les personnes qui ont travaillé sur le projet de pouvoir le voir dans des conditions comme celle-ci. Et c’est quand même mes racines, donc plus le film sera présenté dans le Sud, plus je serai contente.

Mardi 24 mars à 21 au cinéma Émotions à Bagnols-sur-Cèze. Tarif : 5 €.

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