Elio Darmon, un témoin dans l’affaire du décès en 1979 du ministre Robert Boulin, est mort le mercredi 1er avril 2026 à son domicile de Brandérion (Morbihan), apprend l’AFP de sources concordantes. La procureure de la République de Lorient vient de transmettre les résultats de l’autopsie de son corps réalisée ce mardi 7 avril, mettant en évidence une « santé dégradée », excluant la possibilité de l’intervention d’un tiers.
« Une défaillance cardiaque »
Ce mardi 7 avril 2026, la procureure de la République de Lorient Laetitia Mirande, a communiqué le résultat de l’autopsie d’Elio Darmon réalisée ce jour.
« Cet examen confirme l’absence d’intervention d’un tiers et met en évidence une situation de santé dégradée. Le tableau clinique observé et les constatations médico légales sont en faveur d’une défaillance cardiaque » communique le Parquet.
Ouverture d’une enquête
L’homme a été « retrouvé à son domicile le 1er avril », avait précisé la procureure de la République de Lorient, Laetitia Mirande, confirmant une information du Télégramme. « Une enquête a été ouverte en recherche des causes de la mort » et une autopsie sera réalisée la semaine prochaine, avait fait savoir Mme Mirande.
Son avocate Najwa El Haïté, a confirmé à l’AFP ce décès. La police scientifique est intervenue, a-t-elle précisé.
Des scellés rouges étaient posés sur la porte de la maison, située dans une impasse donnant sur une voie ferrée, ainsi que sur une voiture, a constaté un journaliste de l’AFP. Des poules se trouvaient dans une basse cour à côté de la maison, devant laquelle s’amoncelaient divers objets.
Elio D. était un témoin dans l’enquête sur la mort en octobre 1979 de Robert Boulin, alors ministre sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.
Le corps de Robert Boulin, 59 ans, alors membre du RPR et ministre du Travail du gouvernement de Raymond Barre, a été retrouvé en 1979 dans un étang de la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines.
À l’époque, les enquêteurs ont conclu à un suicide par noyade après ingestion de barbituriques. Le ministre venait d’être mis en cause au sujet des conditions d’acquisition d’un terrain à Ramatuelle (Var).
Sa famille conteste cette version et estime qu’il a été assassiné
L’enquête, qui s’acheminait vers un non-lieu après un avis de fin d’information judiciaire et un réquisitoire du parquet en ce sens, avait connu un rebondissement en 2022 après la manifestation spontanée d’Elio Darmon, âgé et malade. Il avait été entendu en 2023 par la juge d’instruction.
Ce témoignage a permis d’identifier un homme décédé en 1986 et désigné comme le meurtrier potentiel de Robert Boulin.
Didier Seban, avocat de la fille de Robert Boulin, Fabienne Boulin-Burgeat, espère que le parquet de Versailles va « confier le dossier au pôle des crimes non élucidés à Nanterre ». « D’autres témoins importants sont encore en vie », a-t-il dit à l’AFP.
Fabienne Boulin-Burgeat a salué auprès de l’AFP « un témoin courageux », « qui a pris le risque de dire ce qu’il savait et de bousculer sa fin de vie », se disant aussi « en colère » alors que « des témoins âgés disparaissent » sans être entendus par la justice.
Il y a quelques mois, une enquête avait été ouverte par le parquet de Lorient pour « violence avec usage d’une arme » après des tirs fin août ayant visé le domicile d’Elio Darmon.
D’après l’avocate d’Elio Darmon contactée par la rédaction d’Actu Morbihan, le parquet de Versailles doit rendre sa décision prochainement sur le possible transfert de l’enquête au pôle Cold Case, ce que souhaitait son client Elio Darmon, ainsi qu’il en avait émis le souhait au téléphone le 27 mars quelques jours avant son décès.
Avec AFP
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