Un sexagénaire spécialisé dans l’imposition des mains et la pratique du magnétisme est soupçonné d’abus sexuels pendant des séances dans le Vaucluse. Il est présumé innocent.
En prison depuis le mois de décembre 2025, un magnétiseur avait été mis en examen par un juge d’instruction du tribunal judiciaire d’Avignon. L’affaire portait sur des soupçons d’abus sexuels pendant des séances de magnétisme à visée de soins. Une femme avait révélé avoir subi des pénétrations digitales lors d’une séance. Une enquête avait été ouverte et donnait lieu à des auditions des personnes traitées par ce sexagénaire. Ce mercredi 25 mars, l’avocat du suspect est venu demander à la cour d’appel de libérer son client.
« Le magnétisme passait moins bien à travers les vêtements »
Ainsi, le conseiller de la chambre de l’instruction a résumé les faits reprochés avec des séances où il demandait parfois à des patientes de se mettre en petite tenue et de retirer les habits « car le magnétisme passait moins bien à travers les vêtements » (sic). Lors de l’audience, il était aussi évoqué une « forme d’emprise » et de « manipulation à caractère sexuel » ainsi qu’une enquête donnant lieu à l’audition de plusieurs dizaines de personnes.
« Ne pas le laisser en détention tout au long de l’instruction »
L’avocat du suspect a assuré que son client demandait à être libéré avec la certitude qu’il n’allait « pas interférer sur le cours de l’information judiciaire ». L’avocat a aussi observé que le magnétiseur proposait de quitter le département pour mettre de la distance avec la procédure. « Il me paraît raisonnable de ne pas le laisser en détention tout au long de l’instruction ».
L’avocat général, Dominique Sié, qui porte la parole de l’accusation recadre le débat que celui de la cour ne revient pas « à évaluer la pratique de Monsieur B. comme magnétiseur ». Le magistrat constate que le suspect « nie tout ce qui est à caractère sexuel » et revient sur les quelque 90 personnes devant être entendues. Le magistrat souhaite éviter toute pression sur ces gens et demande le maintien en détention. Le président Teissier indique que la cour rendra sa décision le 27 mars et dira si le magnétiseur est remis en liberté ou maintenu en détention.




