540 Millions d’années de gestation, quatre années de travaux. Après la délivrance survenue le 23 avril, ce lundi 27 avril, le géoparc Terres d’Hérault était porté sur les font baptismaux, à Paris, au siège de l’Unesco. Une reconnaissance mondiale pour les richesses géologiques d’un territoire héraultais riche de 58 "géosites" remarquables dispersés sur 111 communes. Alors, quelle va être l’utilité de ce dixième géoparc de l’Hexagone labélisé par l’Unesco ? Et quel sera l’apport de cette reconnaissance mondiale parmi 50 autres pays ?
1. Qu’est-ce qu’un géoparc ?
« C’est un territoire d’excellence qui se distingue par une géologie exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité et dans l’histoire de la planète », décrypte Marie-Pierre Berthier, présidente du comité national des géoparc français.
Le géoparc donne un coup de projecteur sur un « patrimoine naturel » exceptionnel et permet de découvrir, au travers de sa géologie, toute l’histoire de son territoire. « Le sol dit tout, il permet de comprendre les spécificités d’un territoire, de comprendre par exemple comment l’humain s’y est installé… »
Il propose une clé de lecture unique sur l’histoire d’un pays. « La singularité de notre géoparc Terres d’Hérault, c’est qu’il raconte 540 millions d’années et cela croise la vie des hommes. Il explique par exemple comment, au premier siècle avant Jésus Christ, l’homme a utilisé le cuivre près de Cabrières. Quand il a commencé à extraire du charbon, vers Graissessac, ou comment la géologie confère des saveurs particulières aux vins du territoire », complète Gaëlle Lévêque, conseillère départementale déléguée au Géoparc.
2. Un long cheminement vers la reconnaissance de l’Unesco
Dans l’Hérault les recherches autour du projet ont initialement été portées par l’association Demain la terre, depuis 2015. Cette ambition nécessitant des moyens, elle a, depuis 2022, été prolongée par le Département depuis 2022. En décembre 2024, le Département a présenté sa candidature au label mondial de l’Unesco.
En juin 2025, une délégation d’experts dépêchée par l’Unesco était venue prendre le pouls du géoparc terres d’Hérault…
3. Un levier scientifique
Outre son aspect touristique, il est un levier de valorisation international qui permet de créer de l’attractivité au niveau de la recherche. « L’université de géologie de Montpellier est l’une des plus anciennes d’Europe. L’historique associé à la connaissance géologique du territoire est déjà très fortement ancré mais le géoparc favorise les connexions avec d’autres géoparc et le travail en commun sur des projets de recherches. Il permet de continuer à attirer des scientifiques comme nous le faisons, par exemple, sur la dalle de la Lieude », décrit Loïc Ducarme coordinateur du géoparc Cœur d’Hérault.
Mieux comprendre les sols, les sous-sols, permet de « mieux comprendre les territoires, de mieux les habiter et de mieux les protéger », abonde Gaëlle Lévêque. « L’intérêt d’un géoparc est aussi de vulgariser des données qui semblent parfois difficiles d’accès. Cela les rend accessibles et les donne à voir aux enfants, aux habitants, aux visiteurs », analyse-t-elle.
4. Un attrait touristique
En toutes saisons, il représentera un attrait touristique indiscutable au cœur d’un département dans lequel les flux se concentrent souvent sur le littoral. « Nous sommes sur une zone de 2000 km2 où il y a trois Grands Sites de France, mais aussi deux parcs naturels régionaux. Il comprend 58 géosites, nous avons une concentration de richesses dont les habitants doivent être fiers », mesure Gaëlle Lévêque.
Deuxième point, le géoparc tient aussi « un rôle de gardien de la mémoire du territoire et permet de la faire connaître auprès du public, il permet de valoriser des richesses incommensurables et souvent méconnues ».
5. Une reconnaissance internationale
Certes le géoparc est en lui-même un territoire d’exception. Mais la dimension internationale induite par la reconnaissance de l’organisation mondiale porte en elle un message qui transcende tout un territoire.
Sous l’égide de l’Unesco, « cette connaissance mutuelle et cette reconnaissance des richesses des uns et des autres, sous l’égide de l’Unesco, est porteuse de paix et d’unité », analyse l’élue. Au fond, indirectement, « il s’agit du message de l’Onu : les différences sont une richesse plutôt que les limites qui nous séparent. C’est toute la philosophie qui sous-tend le réseau des géoparcs », conclut Loïc Ducarme.








