La clinique Beau Soleil de Montpellier se dote du robot chirurgical Rosa Knee pour la pose de prothèses du genou. Cet outil permet un ajustement en temps réel adapté à chaque patient, améliorant la précision des implants et limitant les suites post-opératoires, sans surcoût annoncé pour la prise en charge.
Le futur de la chirurgie du genou est déjà en marche à Montpellier. Déjà testé à la clinique catalane à Perpignan, le robot chirurgical fait son entrée à la clinique Beau Soleil et offre une technologie de pointe pour la prothèse du genou. Nommé Rosa Knee, il permet de s’adapter à la morphologie de chaque patient tout en accompagnant les équipes chirurgicales.
Grâce à l’intelligence artificielle, le chirurgien orthopédique, qui garde la main, peut ajuster avec précision la position de la prothèse de genou en temps réel pendant l’intervention. Cela garantit un positionnement optimal des implants, limitant les douleurs et les raideurs post-opératoires. Le tout sans reste à charge pour le patient, indique la clinique.
« On ne pouvait pas faire ça avec une chirurgie conventionnelle »
Une petite révolution pour les quatre chirurgiens des membres inférieurs : les docteurs Rodriguez, Karl, Hamoui et Benzid. « Le robot est vraiment une aide coopérative pendant l’opération. Il nous accompagne dans le geste et on peut avoir ce contrôle en direct de l’état du genou pour suivre cette mise en place de la prothèse », commente le chirurgien de la clinique Beau Soleil, Guillaume Karl.
« On peut ajuster au cas par cas selon le genou du patient. Le robot suit le genou s’il a tendance à bouger. Ça va moins vibrer quand on va couper et on aura moins de risque que ça se déplace », montre-t-il lors de la démonstration à la presse, ce mardi 21 avril. « On ne pouvait pas faire ça avec une chirurgie conventionnelle. Pour moi, c’est ça l’intérêt du robot », ajoute le docteur Mazene Hamoui.
« Un investissement maîtrisé »
Composé de deux éléments, Rosa Knee associe un bras robotisé dédié au guidage des coupes osseuses et un système de repérage par caméra. Équipé de capteurs, il permet de modéliser le genou opéré en trois dimensions (3D). Les données sont analysées et restituées en temps réel, permettant un positionnement de l’implant d’une précision extrême, au degré près. Le chirurgien peut ensuite poser la prothèse en polyéthylène. « Le but est de remplacer le cartilage natif et voir quelle taille correspond au patient », ajoute le docteur Thibaud Rodriguez.
Les chirurgiens doivent maintenant s’habituer à cette nouvelle aide. « Une des difficultés, c’est qu’habituellement, on a notre aide, humaine, en face de nous et là, il est un peu mis à l’écart », souligne le Dr Rodriguez. Cette évolution s’inscrit dans une démarche réfléchie de la clinique, fondée sur « un investissement maîtrisé et négocié avec un laboratoire ».
Au-delà de l’aspect financier et organisationnel, ce choix traduit surtout un virage technologique assumé : sans remplacer le geste du chirurgien, le robot vient en renforcer la précision et contribue déjà à redéfinir les standards au sein de l’établissement montpelliérain.
Des prothèses plus fréquentes
La principale cause d’une pose de prothèse au genoux est l’arthrose. Cette détérioration du cartilage articulaire concerne 65 % des plus de 65 ans, soit 10 millions de personnes en France.
En cas d’arthrose sévère ou de destruction importante du genou, la pose de prothèse est irrémédiable. Cela touche 100 000 Français chaque année, avec un âge moyen de 71 ans.
Après une opération d’un peu plus d’une heure en moyenne, "jugée douloureuse", la durée des soins pour une prothèse s’étend généralement de six mois à un an.
La clinique Beau Soleil a vu l’activité de la pose de prothèses de genoux augmenter de manière importante avec 180 opérations en 2025, soit 31 % de plus que l’année précédente. Certaines études indiquent que l’utilisation de la prothèse de genou va connaître une croissance supérieure à 400 % d’ici 2050.





