L’entreprise Le Tapis de laine fabrique des tapis de yoga en laine du Larzac.
Thomas Mogharaei, fondateur de l’entreprise sainte-affricaine Le Tapis de laine, explique : « J’ai créé Le Tapis de laine en août 2024 avec une campagne de lancement participatif. L’entreprise occupe l’atelier à Saint-Affrique depuis février 2025 ». Il poursuit : « L’Aveyron est le premier département lainier de France du fait de l’appellation d’origine protégée (AOP) Roquefort. Or, 90 % de la laine de brebis est jetée. » Le jeune chef d’entreprise, né à Paris et juriste de droit public, se souvient : « Je suis arrivé ici en 2016, directeur de cabinet du maire de Rodez puis collaborateur du député Jean-François Rousset. Il disait que la brebis devait être une icône. Je me suis beaucoup interrogé sur la laine. J’ai trouvé ici des opportunités professionnelles, dans le même temps, je me suis amouraché de l’Aveyron. »
Filature Colbert
Le premier produit de l’entreprise est un tapis de yoga. Thomas Mogharaei précise : « Je travaille avec la filature Colbert installée à Camarès qui collecte la laine uniquement dans le périmètre du Roquefort AOP. J’ai choisi un mélange de 80 % de laine de brebis Lacaune et 20 % de laine noire Burel, ce qui la rend soyeuse et légèrement grisée. » Elle arrive à l’atelier sous forme de rouleaux de 2 mètres de large et 20 mètres de long pour 8 millimètres d’épaisseur. La découpe se déroule ici. Les tapis font 1,90 mètre de long pour 61 centimètres de largeur et un poids de 1,25 kilogramme. Les qualités de ce feutre dense et respirant, son rebond et son confort spectaculaire, idéales pour soulager au maximum la pression exercée sur les articulations.
Entièrement local
La sensation de toucher une matière naturelle et parfumée contribue à une pratique paisible et douce. « Pour son adhérence au sol, nous avons travaillé ensemble avec la filature et un ingénieur chimiste tarnais », précise le chef d’entreprise. Le résultat est un fin polymère constitué de petites billes et appliqué ici au pistolet. Avec une exigence de la part de Le Tapis de laine, qu’il puisse se composter. Puis vient le marquage avec un fer chauffant. « Toute la logistique est installée ici, du conditionnement à l’expédition. L’entreprise se compose de quatre salariés plus moi, un à la communication, un commercial et deux à la production », indique Thomas Mogharaei.
« On s’est fait connaître par les réseaux sociaux car notre produit est très différent du reste du marché où 99 % des tapis de yoga sont en matières synthétiques. De plus, les influenceurs qui pratiquent le yoga nous soutiennent. » Sa valeur ajoutée : le tapis est entièrement local, en pure laine du Larzac. Son étui, en chutes de cuir d’agneau de la Mégisserie Richard à Millau, est confectionné par l’association Tremplin pour l’emploi à Saint-Affrique. Seule la sangle en pur coton provient d’ailleurs, réalisée en Inde par une association d’insertion pour les femmes victimes de violences. « Nous fabriquons également un tapis de méditation, sans couche d’antidérapant », conclut Thomas Mogharaei. Des tapis éthiques, éco-responsables et confortables, qui à la fin de leur vie, se découpent en petits morceaux et se transforment en compost.






