Les lotos de bienfaisance organisés par Guy Leduc et ses proches dans le Gard jusqu’en 2024 ont rapporté beaucoup d’argent. Les petites associations caritatives qui ont sollicité l’entrepreneur n’ont touché que des miettes.
Les lotos de bienfaisance organisés par Guy Leduc et ses proches ont fait sa fortune et apparemment celle de ses proches qui participaient à ses entreprises. Poursuivi abus de biens sociaux en bande organisées et blanchiment, le septuagénaire, bien connu à Nîmes – il a longtemps géré les puces – a été condamné ce 24 mars, par le tribunal correctionnel de Nîmes à de trois ans de prison assortis d’un sursis probatoire avec l’obligation d’indemniser des dizaines de petites associations caritatives qui l’avaient sollicité. Celles-ci n’ont touché que des miettes des gains de ces lotos caritatifs. Le tribunal a ordonné la confiscation des biens immobiliers du prévenu. Celui-ci était absent, ce mardi devant le tribunal lors du délibéré. Son épouse qui était elle aussi mise en cause, a été relaxée. Ses deux enfants qui étaient présents à cette audience ainsi qu’un associé ont été condamnés à une peine de prison assortie d’un sursis probatoire et la confiscation de leurs biens a été prononcée. Tous devront indemniser les nombreuses associations défendues, entre autres, par Me Julie Rovère, qui se sont constituées partie civile. Le dossier sur intérêts civils est renvoyé à une date ultérieure.
L’affaire avait été mise en délibéré après une longue audience, le 19 décembre dernier, devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Guy Leduc, 72 ans, chef d’entreprise installé à Caissargues, son épouse, leurs deux enfants et un ancien associé étaient jugés pour l’organisation illégale de jeux d’argent en bande organisée et pour abus de confiance.
Les associations ont touché moins de 10 % des gains de ces lotos caritatifs
L’entrepreneur avait créé plusieurs sociétés dont la société Maya et ses dérivés chapeautés par une holding et s’était spécialisé dans des lotos de bienfaisance. Séduites par les projets de l’entrepreneur, de petites associations caritatives qui peinaient à obtenir des dons avaient fait appel à ses services et son organisation. Guy Leduc et ses proches ont organisé une multitude de lotos en ligne dont une partie des gains devaient revenir à ces associations ou leurs antennes locales (Croix Rouge, AMF Téléthon dans le Gard et en Provence, associations créées par des mamans d’enfants handicapés). Les enquêteurs qui ont travaillé sur ce dossier avaient estimé que la société Maya et ses dérivés n’avaient reversé que 7 à 10 % cent des recettes de cette activité commerciale aux associations.
Des lotos caritatifs qui auraient rapporté près de 13 millions d’euros
Ces lotos étaient organisés plusieurs fois par semaine, matin et soir si besoin. Les faits reprochés à Guy Leduc et à ses proches avaient été contestés par leurs avocats. Lors de l’audience du 19 décembre dernier, Guy Leduc avait affirmé que les associations « avaient été payées comme il était prévu… En moyenne, ces associations gagnaient 20 % des mises », s’était défendu le prévenu.
» On a eu beaucoup de messages de soutien », confie Céline, partie civile.
"Ce procès a renforcé le noyau notre petite association, constate Céline, maman de la petite Lélia, qui souffre d’une paralysie cérébrale. On s’est tous démenés. On a eu beaucoup de messages de soutien et d’amour. Au-delà de la colère, on a trouvé l’énergie et on a eu beaucoup de messages de soutien. Ma fille a besoin de rééducation à l’étranger et on aimerait financer l’achat d’un robot qui simule la marche."
" C’est est un message super fort envoyé à tous ces animateurs de lotos qui continuent à organiser des lotos en ligne sur le dos des associations, rappelle Laurie, présidente de l’association Le combat de Morgane contre l’AVC pédiatrique. Et non, on ne peut se faire de l’argent sur le dos des associations en faisant des lotos."







