Ce samedi 28 mars est installé le nouveau conseil municipal qui va réélire la maire sortante. L’occasion de se pencher sur les premières urgences de ce début de mandat.
Ce ne sera pas une découverte pour celle qui siège dans les rangs des majorités lunelloises depuis 17 ans, ni pour celle qui a occupé la fonction stratégique d’adjointe aux travaux ces six dernières années, encore moins pour l’élue qui tient les rênes de la Ville depuis 8 mois. Paulette Gougeon, qui va se succéder à elle-même à la mi-journée à Brassens, connaît les urgences et les gros dossiers qui l’attendent durant ces six ou sept prochaines années mais voici, un récapitulatif non exhaustif des quatre sujets les plus brûlants dès ce début de mandat.
Casse-tête sur les finances
Les finances. C’est LE dossier urgent sur lequel doit se pencher la nouvelle majorité : elle doit doter la Ville d’un budget pour l’année en cours. Paulette Gougeon a fait le choix d’attendre le verdict des urnes pour étudier la question, la loi lui donne jusqu’à fin avril pour débattre des orientations budgétaires puis voter le budget 2026. Un exercice qui donnera déjà le ton des choix de Paulette Gougeon en matière de fiscalité, des tarifs des services publics, de la dette ou de l’emprunt. D’autant que l’équation n’est pas simple : très vite la Ville doit retrouver un niveau d’épargne qui lui rende des marges de manœuvre. Or, les dotations de l’État seront, au mieux, stables, les dépenses de fonctionnement seront difficilement maîtrisables sans une action sur les effectifs ou de conséquentes mutualisations avec Lunel Agglo, tout ça dans un contexte international imprévisible et potentiellement inflationniste. On souhaite bon courage au prochain adjoint aux finances.
Deux urgences au sujet de la piscine
Le futur centre nautique intercommunal pose deux questions urgentes à la Ville. D’une part : comment rassurer les clubs nautiques lunellois, à commencer par l’important Cercle des nageurs de la ville, qui s’inquiètent du choix de l’Agglo, approuvé par le maire sortant de Lunel, de déléguer la gestion du futur équipement au privé. Un choix qui, jusqu’ici, est marqué du sceau de la précipitation et du manque de transparence. Mais une autre question concerne la Ville : comment faire face financièrement au transfert des charges de cet équipement. Évalué initialement à 850 000 € par an, il aurait été ramené, après négociation, autour de 650 000 €. Une somme qui pourrait devenir rapidement intenable pour les finances lunelloises.
Parking du canal et marchés à revoir
Il y a à la fois urgence et nécessité de trouver des solutions de long terme à la fois concernant le parking payant du canal et le marché hebdomadaire en cœur de ville. Concernant le parking du canal, la problématique est simple. Depuis le 1er janvier, la Ville a décidé d’en reprendre la gestion et, force est de constater que le dispositif mis en place, en particulier au niveau des horodateurs, est incompréhensible, lourd et finalement inopérant au point que les usagers en viennent à regretter la gestion précédente par le privé. Or il s’agit d’un dossier stratégique, à la fois pour l’attractivité et la redynamisation du commerce en cœur de ville.
Sur ce sujet de la redynamisation, l’autre question à régler de manière rapide et efficace concerne le marché hebdomadaire que la municipalité a installé place des Martyrs depuis le printemps dernier. Trois problèmes se posent : son manque de continuité, son intégration en cœur de ville et surtout son attrait qui s’est largement dégradé depuis un an. Le ranimer est impératif et urgentissime.
Combien d’arbres sur Péri cet été ?
Cela fait partie des urgences tant pour l’attractivité du centre-ville, la lutte contre le réchauffement climatique que l’esthétique de la principale artère commerciale de la ville. Dès ce mois d’avril plusieurs platanes du cours Péri vont être abattus et avec eux, des espaces d’ombre, de fraîcheur et d’oxygène indispensables. Quand et comment vont-ils être remplacés ? La réponse devra intervenir très vite et devra résoudre à une problématique qui va se poser encore, ici ou ailleurs, en ville.
D’autres dossiers à brève échéance
Hôpital. L’un des dossiers que la nouvelle municipalité devra prendre à bras-le-corps sans tarder concerne le site stratégique de l’hôpital République appelé à être remis à la collectivité au printemps prochain. Ce n’est pas rien car, selon le projet qui sera retenu et mis en œuvre sur cet espace de 5 500 m2 dépend, sans doute, l’avenir à long terme du cœur de ville. Il s’agit d’imaginer l’usage de ce bâtiment mais bien plus encore de ne pas louper l’aménagement urbain entre le cours Péri et les arènes en passant par la place de la République. Un sacré chantier !
Vauban. En 2028, la caserne Vauban reviendra dans le patrimoine municipal. L’idée d’une Maison des associations semble avoir fait l’unanimité au cours de la campagne électorale mais cette restitution peut aussi être l’occasion de repenser le quartier du Pont de Vesse et son lien avec le cœur de ville et imaginer aussi l’avenir de la RN 113 jusqu’au giratoire des Portes de la Mer dont la métamorphose se réalise à vitesse grand V. à suivre donc.
Deux dossiers lunellois clés à plus longue échéance
La municipalité lunelloise va devoir poursuivre ou prendre en main deux dossiers importants au cours du mandat qui s’ouvre. Tout d’abord le projet de renouvellement urbain Métamorph’Ose contractualisé avec l’État jusqu’en 2030 (53 M€). La majorité sortante a mis en place les outils permettant d’agir de manière incitative ou si nécessaire coercitive en matière de rénovation de l’habitat, elle a parfois engagé un programme d’acquisition d’îlots insalubres ; désormais, elle a quatre ans pour concrétiser ce volet majeur du projet. De la même manière, la redynamisation de l’offre commerciale doit entrer dans une phase active notamment dans les artères du cœur de ville où l’espace public a été métamorphosé, on pense à Libération, place des Martyrs, Caladon et Sadi-Carnot, entre autres.
Un autre sujet est sur la table de la majorité. Cette dernière dispose de 5 ans, voire jusqu’à 13, pour parvenir à commercialiser la parcelle nord du nouveau quartier Hécate (mas de Fourques) qui va recevoir, dans sa partie sud, la nouvelle gendarmerie. Un site qu’elle a dédié à la santé et au vieillissement et dont l’achat (3,5 M€) est supporté par l’Établissement public foncier jusqu’en 2030. Une épée de Damoclès sur les finances en quelque sorte…








