les révélations d’anciens salariés du Château Belmar à Mamers

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Ce jeudi 30 avril 2026 va se tenir le procès du château Belmar de Saint-Longis, près de Mamers (Sarthe). La gérante de la SCI, Sidonie Grasset ainsi que son compagnon Grégory Russel devront répondre de nombreux délits : escroquerie en récidive, abus de confiance en récidive, gestion ou contrôle d’une entreprise malgré une interdiction, blanchiment, fraude fiscale, faux en écriture…
Un ancien notaire du Mans devra lui aussi répondre de prise illégale d’intérêts et de complicité d’escroquerie. À l’approche du procès, d’anciens salariés ont accepté de se livrer sur ce qu’ils ont vu. Pour des raisons professionnelles, ils préfèrent rester anonymes. Laurent et Catherine* ont travaillé plusieurs années.
Tous les deux ne manquent pas de rappeler que les relations étaient bonnes avec le couple. Surtout avec Sidonie Grasset. « Elle a toujours été très gentille avec les salariés, très agréable. » Mais au fil des années, ces deux salariés ont perçu des incohérences, des mensonges. « Parfois ils s’emmêlaient dans les discours, et lui ne donnait pas les mêmes versions qu’elles. Ça nous faisait presque rire. »

Des mélanges dans les vins ?

Laurent a toutefois réussi à tenir tête plusieurs fois à son patron. Notamment quand ce dernier, en 2021, lui demande de mettre plusieurs litres de Chardonnay dans la cuvée Château Belmar, car la saison s’annonçait mauvaise.

J’ai refusé. Mais il m’avait dit qu’il avait déjà fait le coup quelques années avant. Je l’avais questionné sur une cuve où il était écrit « impropre à la consommation. Il avait mis 50 % de vin de négoce, et 50 % du vin Belmar. Ce qui est totalement interdit dans ces propositions.

Laurent, un ancien salarié

Contacté par Le Perche, Grégory Russel balaye ces accusations. « C’est n’importe quoi tout ça […] Ce que les salariés ne diront jamais, c’est que je leur avais offert 3 jours au salon de la gastronomie à Monaco, et qu’ils se sont bien amusés. »

Djerba, Porsche et carte bancaire

Catherine était au plus près des mouvements d’argent entre le groupement foncier viticole et les différentes sociétés du couple.

J’ai vu passer des sommes de 5 000, 20 000, 70 000 € pour aller sur d’autres comptes. Je n’avais pas de factures, de justificatifs. Quand je demandais, on me répondait : « Ça ne vous regarde pas. On remettra les choses à leur place plus tard.

Catherine, ancienne salariée

Petit à petit, Catherine devient la femme à tout faire. Aller chercher le couple à l’aéroport à Orly pour les ramener de leurs vacances à Djerba.

« Tout ça, s’était payé avec l’agent de la société. » Grégory Russel a une explication : « Oui, une fois notre carte personnelle n’a pas marché, alors on a payé avec une autre carte. On a tout remboursé, il n’y a pas de sujet », s’agace-t-il. Même réaction quand on évoque la Porsche Panamera, payée elle aussi avec l’argent des 150 à 200 associés. « Elle n’a coûté que 37 000 €, elle avait 75 000 km. On allait partout en France voir les associés, et on offrait même le restaurant », argumente encore Grégory Russel.

Les anciens salariés regrettent la tournure des évènement au domaine : « Il y avait moyen de faire quelque chose de très bien. » ©Vincent GUERRIER

Le gérant s’estime « victime »

Catherine est formelle : « Plusieurs comptables ont notifié à Mr Russel que ces virements d’argent n’étaient pas légaux. Et quand il n’était pas content, il changeait tout simplement de comptable. » Là encore, celui qui se désigne comme « un génie du vin », réfute : « Je n’ai jamais eu la moindre alerte de personne. »

Après plusieurs années, la salariée assure qu’elle était devenue la véritable assistante personnelle du couple. « Il m’appelait sans arrêt, c’était du harcèlement. Même en pleine nuit. »

Grégory Russel, qui reste présumé innocent, ne nie pas qu’il était « exigeant, travailleur, déterminé », et qu’il pouvait avoir des propos déplacés, surtout « quand [il] foutai [t] quelqu’un à la porte. »

Il s’estime néanmoins victime dans cette affaire. Assurant même avoir déjà pensé à se suicider avec sa compagne.

 On n’a profité de rien du tout. J’ai perdu 3 millions de biens immobiliers dans cette histoire, entre mon immeuble à Alençon et le château, avec les terrains constructibles. C’est moi le grand couillon là-dedans, alors que les associés n’ont perdu que 35 000 € en moyenne. 

Gregory Russel, associé au château Belmar, soupçonné d’en avoir été le gérant malgré une interdiction judiciaire

Des associés qui apprécieront le message, quelques jours avant le procès où il risque jusqu’à 10 ans de prison, et sa compagne cinq ans.

Les anciens salariés, eux, se demandent une chose : « Pourquoi a-t-on attendu tant d’années pour les arrêter ? »

* Prénoms d’emprunt

XX XX XX/a>.

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