Les prix du gaz pourraient bondir de 53 % d’ici 2 030 en France, selon le Bureau européen des unions de consommateurs. Une hausse qui pèserait surtout sur les foyers modestes, qui peinent à investir pour changer leur approvisionnement en énergie.
Les prix du gaz risquent d’exploser dans les décennies à venir en France, avec un impact en particulier sur les ménages les plus modestes, alerte mercredi une étude de l’organisation européenne des associations de consommateurs.
La facture annuelle de gaz pourrait augmenter de 317 euros en France d’ici 2 030 par rapport à 2024, selon cette étude publiée par le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) à laquelle ont participé l’association de défense des consommateurs et des locataires CLCV, Que Choisir Ensemble et l’association de consommateurs espagnols Cecu.
« Hausse des redevances de réseau et des taxes carbone »
Les auteurs ont établi des projections à partir des prix actuels du gaz, des données publiées en France par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et par GRDF, principal acteur de la distribution du gaz en France.
En France, « l’étude prévoit une augmentation des prix de 53 % — due à la hausse des redevances de réseau et des taxes carbone — parallèlement à une baisse de 61 % de la consommation d’ici 2 030 par rapport aux niveaux de 2024 », indique l’étude. À elles seules, les charges liées à l’entretien du réseau représentent 27 % de la hausse.
Les associations expliquent qu’au fur et à mesure de la transition énergétique et du passage à des solutions de chauffage plus respectueuses de l’environnement, le coût de l’entretien du réseau gaz déjà existant sera partagé entre moins de consommateurs et sera donc plus élevé par foyer.
Les consommateurs touchés sont « parmi les plus vulnérables »
De plus, ceux qui resteront raccordés au gaz longtemps seront en grande majorité des ménages n’ayant pas les moyens d’effectuer cette transition.
« Les consommateurs qui restent raccordés au réseau de gaz, souvent parmi les plus vulnérables, seront disproportionnellement affectés par la hausse des coûts de réseau », résume l’étude publiée par le BEUC.
Plusieurs préconisations sont faites pour mieux accompagner les consommateurs dans cette transition énergétique, notamment en redistribuant de manière équitable les coûts, en créant des aides ciblées, et en rendant les solutions alternatives plus accessibles.
« Arriver à anticiper quelle sera l’évolution du marché du gaz à horizon 3, 4, 5 ans c’est impossible », a réagi la ministre chargée de l’Énergie Maud Bregeon, interrogée sur l’étude lors du compte rendu du conseil des ministres mercredi.
« On revient à la nécessité de décarbonation et de transition énergétique qu’on met en place avec la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie avec le plan d’électrification. L’urgence, c’est ça », a-t-elle ajouté.









