Une évolution est tout de même observée puisque lors de la dernière mandature, elles n’étaient que 51 maires. Par contre, aucune des dix communes les plus peuplées du département n’est aujourd’hui dirigée par une femme.
C’était l’un des enjeux de ces municipales. L’uniformisation des modalités de vote entre les communes de plus et de moins de 1 000 habitants, avec la mise en place d’un scrutin de liste paritaire, permettrait-il d’avoir plus de femmes installées sur le fauteuil de maire ? À première vue, oui… mais le chemin avant d’atteindre une égalité parfaite sera encore très long !
Selon nos premières comptabilisations, lors de ce mandat, 68 des 285 communes de l’Aveyron seront dirigées par une femme. « Effectivement, c’est peu ! », réagit Danièle Kaya-Vaur, tout juste élue maire d’Olemps, à la suite de Sylvie Lopez.
En tout cas, cette statistique représente une maigre part du gâteau : 23,86 % des municipalités. Pourtant, une hausse est toutefois à observer puisqu’elles n’étaient que 51 à l’issue de la dernière mandature.
Une lente évolution
Il semblerait alors que l’évolution soit lente… mais certaine. « Il faut le voir d’un œil positif, ça va dans le bon sens », nuance Danièle Kaya-Vaur. En tout cas, une chose est sûre, le nombre de conseillers municipaux et d’adjoints respecte, lui, le principe de parité.
« C’est une très bonne mesure », se réjouissait d’ailleurs le président de l’association des maires de l’Aveyron, Jean-Marc Calvet, au lendemain du second tour. Même si la première femme maire de la commune de Laissac, Valérie Salles, n’approuve pas le caractère obligatoire de la parité.
« C’est presque dégradant. Si on élit ou recrute une femme dans son équipe il faut que ce soit pour sa compétence, pas parce que c’est une femme ! » Pourtant, ce principe pourrait susciter des vocations, à l’image de Danièle Kaya-Vaur, qui s’est lancée dans le grand bain après avoir été membre de la majorité de Sylvie Lopez depuis 2008. « Si je n’avais pas été élue auparavant, je ne sais pas si je me serais lancée », reconnaît l’Olempienne.
Car cette tâche s’accompagne de nombreuses responsabilités. Et ça, Valérie Salles, en a bien conscience. « Ce n’est pas facile de se lancer. Entre la vie personnelle, professionnelle, l’engagement dans des associations… C’est compliqué de tout concilier. C’est pour cela qu’il faut travailler en équipe et se répartir le travail », estime-t-elle.
Aucune femme n’est maire d’une des dix communes les plus peuplées de l’Aveyron
Dans le détail, outre le chiffre de 68 édiles, 28 d’entre elles ont été réélues et 40 deviennent maires pour la première fois. À l’image de Valérie Salles et Danièle Kaya-Vaur et bien d’autres comme Corinne Moisset à Campouriez, Monique Fournier à Druelle-Balsac ou Magali Coulet à Nant.
Petite particularité, dans neuf communes, une femme maire a laissé la place à… une nouvelle femme maire. Si l’on jette un œil à la répartition géographique, la carte de l’Aveyron semble assez équitablement répartie entre nord, sud, est et ouest.
Par contre, on ne peut pas faire le même constat sur le nombre d’habitants. Avec la défaite d’Emmanuelle Gazel à Millau face à Christophe Saint-Pierre, aucune commune des dix plus peuplées de l’Aveyron n’est dirigée par une femme. La plus habitée est la onzième de la liste, Olemps, avec Danièle Kaya-Vaur.
Plus globalement, parmi ces dix municipalités les plus peuplées, seules cinq femmes étaient candidates : Sarah Vidal à Rodez, Emmanuelle Gazel et Dalida Belaid-Artis à Millau, Hélène-Cécile Fleury à Villefranche-de-Rouergue et Florence Bocquet à Decazeville, toutes devancées par un homme.
En Aveyron, les difficultés électorales des femmes sont peut-être paradoxalement plus grandes encore dans les communes urbaines que rurales.
En chiffres
- 68 communes de l’Aveyron dirigées par une femme soit 23,86 % des 285 communes du département.
- 40 nouvelles femmes maires et 28 réélues.
- Aucune des dix communes les plus peuplées du département n’est dirigée par une femme.







