Dynamique de la victoire, ralliement d’Emmanuelle Soulier, position vis-à-vis de l’opposition, compatibilité entre son métier et sa fonction… Nous avons interrogé Patrice Saint-Léger au lendemain de sa victoire écrasante, à Mende.
Quel message souhaitez-vous adresser à la fois à vos électeurs et à ceux qui ont préféré d’autres candidats ?
Dans une élection, on ne fait jamais l’unanimité. On mesure aujourd’hui la qualité de l’élection par rapport au score qu’on a fait. 52 %, c’est l’un des meilleurs scores réalisé dans l’histoire de Mende. Je peux donc m’en satisfaire. Évidemment, le maire n’est pas le maire des 52 % des votants qui l’ont désigné, mais celui de l’ensemble de la population, de tous les Mendois et les Mendoises.
À quel moment avez-vous compris que vous aviez gagné ?
Depuis le début, on espérait fortement cette victoire. On sentait qu’il y avait un élan et une certaine lassitude de la population. Ça se sentait quand on a commencé, quand on allait rencontrer les gens en faisant du porte-à-porte et puis rencontrer les entreprises.
L’usure du pouvoir
Au fil du temps, on a vu que ça se concrétisait, que les gens ne nous parlaient pas forcément de dégagisme – ce mot-là, encore une fois, je ne l’aime pas – mais plutôt d’usure du pouvoir. Et ça s’est révélé lors du premier tour avec 2,5 % d’avance sur la majorité sortante. On sait comment les élections se passent : souvent, il y a un emballement qui se crée, effectivement.
Est-ce que, selon vous, le ralliement d’Emmanuel Soulier a été quelque chose de déterminant dans cette élection ?
Avec la fusion avec la liste d’Emmanuelle, on a fait un très, très bon score. On s’entendait déjà bien quelques mois avant. Ce n’est pas une alliance contre nature, au contraire. On a globalement beaucoup d’idées en commun. On a préféré ne pas jouer avec le feu et assurer la victoire. Je pense qu’aujourd’hui, on parle de synergie.
J’ai dit à Mme Maurin qu’il fallait faire table rase de toutes ces bisbilles et pas continuer à travailler comme aujourd’hui
Comment vous allez vous positionner vis-à-vis de l’opposition lors des conseils municipaux et communautaires ? La liste de Mme Maurin a été particulièrement véhémente avec vous…
Dans une élection, on essaie d’être le plus réglo possible. Moi, je suis fair-play. On n’a volontairement pas répondu à toutes les attaques qui nous ont été faites. Hier, quand je l’ai rencontrée, elle est venue me féliciter. Je lui ai dit qu’il fallait faire table rase de toutes ces bisbilles et pas continuer à travailler comme aujourd’hui. On essaiera.
Après, si ça ne marche pas… Il faut voir comment ils vont réagir. L’opposition, c’est une opposition. Mais je crois qu’il faut respecter une majorité qui vient de gagner les élections et surtout rester dans le cadre républicain.
Quid du conseil départemental, présidé par Laurent Suau, et où vous siégez comme vice-président ?
Il n’y aura pas de conséquences. C’est une autre collectivité. On est sur un autre champ de travail. La majorité départementale telle qu’elle est aujourd’hui est façonnée avec deux courants. Le courant minoritaire de M. Suau, et puis la droite, avec notamment Jean-Paul Pourquier, qui représente trois membres de plus. C’est une bonne béquille pour eux, mais cette béquille est fragile.
La fonction de maire demande quand même une grande disponibilité. Est-ce que vous allez rester vétérinaire à plein temps ?
Quand on est vétérinaire, c’est comme un médecin. On est médecin jusqu’à la fin de ses jours. Et je serai vétérinaire toute ma vie. Après, entre l’exercice du travail, comme je le fais aujourd’hui, et ce que me demandera comme exigence la fonction de maire, j’essaierai de trouver un point d’équilibre.
« Se faire épauler »
J’ai toujours vécu de manière épuisante. Je suis habitué à travailler. Le travail, c’est un symbole. C’est une valeur qui est importante. J’ai une équipe qui est formidable. Le maire, c’est un pion comme les autres. Mais il faut qu’il y ait une certaine solidarité autour. Et c’est ça qui fait la force. Ce n’est pas le fait d’être 24 heures sur 24 à la mairie. Ce n’est pas ça, être maire. C’est avoir des idées, les mettre en application et se faire épauler par des gens qui sont venus m’épauler pour la campagne et qui resteront actifs et surtout très précieux durant le mandat.








