Le candidat RN est passé en tête au soir du premier tour des élections municipales dimanche 15 mars à Nîmes. 163 voix devant l’Union de la gauche (hors LFI) de Vincent Bouget.
Vous attendiez-vous à virer en tête au soir du premier tour ?
Oui, ça correspond à 0,5 point près au pronostic que j’avais fait. J’étais certain que j’étais en tête. Le contact était bon. Beaucoup d’anciens LR nous avaient rejoints parce qu’ils ont compris qu’à deux listes ça ne passerait jamais.
Pourtant vous aviez longuement hésité à participer à cette élection…
Oui. J’y suis allé parce qu’il y avait une division de la droite. Je ne voulais pas que la capitale du Gard devienne communiste. Je pense que le programme de Vincent Bouget n’est pas positif pour les acteurs économiques et touristiques. D’ailleurs, beaucoup me contactent.
Lesquels ? Le président de la CCI M. Giraudier, qui s’affiche beaucoup avec vous ?
Je ne donnerai pas de nom. Le président de la CCI n’est pas du RN, mais je le connais parce que j’ai été maire de Beaucaire.
« Ce qui est clair, c’est que je n’encouragerai pas le communautarisme »
Votre programme a été communiqué tardivement. On a l’impression que vous l’avez travaillé en peu de temps par rapport à vos concurrents…
Non ce n’est pas exact. Mes concurrents ont beaucoup de belles promesses. Mais jusqu’ici, ils ne les ont pas réalisées. Je ne crois pas en leur sincérité. Ils peuvent écrire ce qu’ils veulent, pour moi c’est des bobards. M. Bouget, c’est différent. Il a un programme qui n’est pas le même que le mien, je combats ses idées et son programme.
Parlez donc de votre programme. Dans les écoles par exemple, que comptez-vous faire ?
Mon sujet numéro un, c’est le confort des enfants et des enseignants. Il y aura un plan climatisation pour les écoles. Quand on voit qu’on ferme les établissements scolaires en juin, ça n’est plus possible.
Vous pensez que les écoles, anciennes, sont adaptées pour avoir des clims ? Cette solution est énergivore…
Mais ça, je m’en fous ! Le but, c’est que les gens travaillent dans des conditions optimales. Il faut arrêter le délire. La transformation des écoles mérite des études. Dès le chiffrage connu, on lance les travaux. L’autre priorité, c’est de mettre le sens du travail à l’école, valoriser les modèles de réussite. Il faut leur montrer que leur avenir ce n’est pas seulement le foot, ce sont des métiers concrets. Il faut leur faire rencontrer des professionnels pour donner un but.
Mais ça existe déjà…
Oui ! Mais pas assez parce que beaucoup d’enfants ne savent pas ce qu’ils vont faire plus tard. Il faut valoriser les modèles de réussite de leur quartier. Je crois à la valeur de l’exemple.
Sur les cantines, Franck Proust propose les repas gratuits. Qu’en pensez-vous ?
Je suis totalement contre car il y a bien quelqu’un qui paye à la fin. Cette mesure coûterait 2,5 M€ par an. Si vous faites ça, vous allez avoir plus d’enfants dans les cantines. Et elles sont trop petites. Annoncer une telle mesure, c’est aberrant !
Allez-vous supprimer les menus de substitution comme vous l’avez fait à Beaucaire ?
Ce ne sont pas les mêmes cantines à Nîmes, pas la même taille. À Beaucaire, on n’avait pas de self donc un seul menu était servi.
À Nîmes, vous ne voulez pas avoir les mêmes soucis judiciaires qu’à Beaucaire en mettant en place ce menu de substitution ?
Mais je m’en fous ! Le souci ne se pose pas ici. À Beaucaire, on n’a rien changé. Il y a toujours du porc le lundi à la cantine.
En termes de sécurité, que peut-on faire face au narcotrafic ?
Le narcotrafic international, c’est le ministère qui doit gérer ça. Le maire peut agir sur les points de deal et les nuisances de rue. Pour ça, on met des effectifs : passer de 163 à 300 policiers municipaux. Tout le monde me parle de sécurité. La police doit être sur le terrain, faire dégager les délinquants.
Dans le dispositif de vidéosurveillance, prévoyez-vous davantage de caméras et d’utiliser l’intelligence artificielle ?
L’œil humain ne peut pas tout voir, tout le temps. On parle ici de l’IA pour la reconnaissance faciale et la lecture de plaques d’immatriculation. Cela doit être mis sous l’autorité de la police nationale. Pour les caméras, on va étudier quels sont les axes les plus importants où elles ne sont encore implantées, là où il y a des cambriolages, des faits de délinquance récurrents.
« M. Burgoa sera dégagé du Sénat, je vous donne ma parole »
Que proposez-vous en termes de prévention ? Au conseil municipal, votre groupe a refusé de voter les subventions aux associations qui œuvrent pour le lien social dans les quartiers Politique de la ville…
Nos élus du groupe n’étaient pas aux responsabilités. Ils n’avaient pas accès aux associations, ne pouvaient pas contrôler ce qu’elles faisaient. Je n’ai pas d’a priori sur ce qui que ce soit. Ce qui est clair, c’est que je n’encouragerai pas le communautarisme. A Beaucaire, j’ai aidé les chantiers d’insertion. Si c’est pour faire un café des parents, l’aide serait exagérée.
Que vous inspire la fusion des candidats de droite Franck Proust et Julien Plantier ?
Elle me fait rire, parce que ces gens se détestent. C’est de notoriété publique. Ils ne pourraient jamais diriger ensemble. Même des collistiers de la liste de M. Proust m’ont appelé pour me dire qu’ils allaient voter pour moi au 2cd tour. Le fait de fusionner n’additionne pas mécaniquement les voix. L’ordre naturel des choses, c’est de voter pour la liste de droite la mieux placée. Si chacun joue collectif et stratégique, je serai élu maire. Et dans tous les cas, M. Burgoa sera dégagé du Sénat. Et j’en serai ravi.
Vous ne l’aimez pas ?
Non, la seule chose à laquelle il pense, c’est de sauver son poste au Sénat. C’est petit, c’est des gens qui ne pensent qu’à leur intérêt personnel. Il sera dégagé en septembre, je vous en donne la parole.
« Si j’étais Américain, je voterais pour Donald Trump, c’est sûr ! »
En 2025, vous étiez présent à l’investiture de Donald Trump. Est-ce que c’est toujours un personnage que vous admirez ?
En tant que membre de la délégation pour les relations avec les Etats-Unis pour le parlement européen, ma place était là-bas.
Et donc, vous l’admirez ?
J’aime le dynamisme, c’est sûr. Quand il prend une décision, le lendemain il y a un arrêté qui est signé et ça envoie ! Action, réaction ! Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il fait mais si j’étais Américain, je voterais pour lui, ça c’est sûr. Je préfère M. Trump à un gâteux qui ne sait même pas où il va.
Là vous allez forcément privilégier le local. Est-ce que ça veut dire que vous faites une croix sur le national ?
Je n’ai pas de plan de carrière. Si j’en avais, je resterais député européen. Si je suis maire de Nîmes, je crois que je vais avoir du boulot. Car le centre-ville est joli mais derrière le paquet-cadeau il y a beaucoup de problèmes. Je ne vais pas m’ennuyer, je sais que ça va être horrible mais il faut le faire.
Et aussi : taxe foncière, présidence d’Agglo, stade des Costières, etc
Faut-il baisser la taxe foncière ?
"Je ne ferai pas de fausse promesse aux gens. Je m’engage à ne pas augmenter les taux de fiscalité en sept ans. Il faut aller vers une baisse de la CFE plus élevée ici qu’au niveau national car c’est dissuasif pour les entreprises."
Serez-vous candidat à la présidence de l’Agglo ?
Oui. Il ne faut pas revivre ces dernières années avec la mésentente entre un président de l’Agglo et le maire.
Vous parlez d’un audit du stade des Costières. Que voulez-vous faire de ce site ?
On laisse des acteurs importants sans visibilité dans la ville. Il faut connaître le montant réel des travaux grâce à une étude, s’entendre sur le cahier des charges en associant les supporters, les joueurs, dirigeants du club, les gens qui utilisent le site. Il faut associer la fédération française de football pour que tout soit aux normes. Ma fibre personnelle, ce serait de réinvestir le stade des Costières. Tout dépend du montant des travaux.








