Entre refus d’alliances, débat avorté et forte abstention, le second tour s’annonce indécis dans la commune où l’équipe de la mairie sortante est en ballottage défavorable.
À Saint-André, les trois listes en lice au premier tour des municipales sont reconduites en vue du scrutin de ce dimanche 22 mars. Un triangulaire dans laquelle Yannick Vernières, ancien adjoint aux finances de la municipalité sortante* est en ballottage défavorable. Arrivé en troisième position avec 28,97 % des voix, celui qui conduit la liste “Saint-André, une histoire, un avenir” assure que « le sujet » d’une éventuelle fusion en vue du second tour a été « écarté tout de suite, collectivement. Individuellement, représentant la municipalité sortante, j’avais proposé mon retrait dès dimanche soir pour une éventuelle fusion de certains membres de mon équipe si l’envie s’en faisait sentir. Ce qui a été refusé, unanimement, par mon équipe. » La décision du maintien a donc été prise « très rapidement ». Il conserve espoir dans le prochain scrutin alors que sur 4 786 inscrits, près de 2 100 électeurs, ne se sont pas déplacés lors du premier tour.
Une fusion impossible
De même, l’option d’une fusion n’a jamais été envisagée assure Virginie Poujol, cheffe de file de Saint André Projet d’avenir. Avec 30,40 % des suffrages, la liste citoyenne et participative s’est en effet classée en deuxième position, créant la surprise, dimanche 15 mars, au soir du premier tour. « D’un côté, il n’était pas possible de faire alliance avec des gens qui sont désavoués (l’équipe issue de la mairie sortante NDLR) », estime-t-elle. Et, « de l’autre côté, nous ne partageons pas du tout les mêmes valeurs, ni la même vision de développement de la ville que la liste d’Alexandre Monaco. Il n’était donc vraiment pas possible de faire alliance avec l’un ou l’autre », en conclut la candidate. Dimanche 22 mars, Virginie Poujol et son équipe restent mobilisés. Ils entendent : « transformer l’essai. Beaucoup de gens n’ont pas voté, nous allons, notamment, aller chercher ces électeurs-là… »
Yannick Vernières quant à lui, ne se sent « pas désavoué du tout. Mais je me sens responsable. Je crois qu’on ne peut pas me reprocher mon investissement dans le mandat, et depuis 9 neuf ans en tant qu’élu ». En revanche, « je crois que je me suis un peu laissé aspirer par le travail d’élu en place. J’ai peut-être, inconsciemment, oublié de faire la campagne. Je crois qu’on le paye un peu aujourd’hui », analyse-t-il.
Pas de débat finalement, entre les deux tours
Entre deux tours, la campagne se poursuit. Lundi soir, la liste Saint André Projet d’avenir avait d’ailleurs proposé d’organiser un débat entre les trois candidats. "Cela nous semblait important pour permettre aux citoyens de forger leur opinion. Monsieur Vernières y était favorable. Mardi soir, nous avons eu une réponse négative de monsieur Monaco", regrette Virginie Poujol. Elle poursuit : "Avec ce refus, nous pensons que les conditions ne sont pas réunies pour qu’il y ait un vrai débat et que les électeurs puissent se positionner. Il ne pourrait y avoir une vraie confrontation d’idées. Forcément, ce serait facile d’aller à charge de Monaco pendant le débat. Mais cela ne correspond pas à notre éthique". Yannick Vernières regrette néanmoins que ce débat ne se concrétise pas, même à deux."À partir du moment où tous les candidats sont invités, il n’y aurait pas eu de problème d’équité. Si l’un des candidats décline l’invitation, c’est son choix." Pour Alexandre Monaco en revanche, le débat aurait dû avoir lieu avant. Pour lui, l’organisation d’un tel événement, entre les deux tours, aurait été trop improvisée.
Une alliance de trois candidats de 2020
Arrivé en tête avec 40,62 % des suffrages, Alexandre Monaco, qui conduit la liste Unis pour Saint André, confie sa surprise : « Nous ne nous attendions vraiment pas à arriver en tête. Nous pensions que l’adjoint qui a pris la candidature à la suite de Jean-Pierre Gabaudan (maire de 2017 à 2026), Yannick Vernières, serait en tête. C’est une belle surprise, mais c’est aussi le fruit de tout le travail de terrain que nous menons depuis janvier 2024, au départ en petit comité…… », mesure-t-il. Quant au sujet d’une fusion, la liste arrivée en pole position est d’autant moins concernée que « nous avions, dès le départ, fait une alliance avec René Garro et Pascal Matelet qui étaient, comme moi, candidats en 2020. Il y avait alors cinq listes au premier tour. Nous avons décidé de nous associer, nous travaillons ensemble depuis deux ans », rappelle-t-il soulignant que la liste Unis pour Saint André est « sans étiquette » : « Il y a aussi bien des gens de gauche et de droite sur notre liste et nous nous entendons très bien. Contrairement aux rumeurs que nous entendons parfois nous concernant : Il n’y a pas d’extrêmes sur notre liste, ni de droite, ni de gauche ».








