L’Art Aborigène, le temps du rêve met en lumière un peuple et son histoire vieille de 65 000 ans.
Alors que « Anatomie comparée des espèces imaginaires » a affiché le très bon bilan de 18 000 visiteurs, la nouvelle exposition du Musée de Lodève devrait plaire également. Jusqu’au 30 août, elle présente « Art aborigène, le temps du rêve », à travers un parcours de peintures et sculptures qui font écho à un établissement dont les collections témoignent d’un territoire, de son évolution et de l’impact de l’homme sur les paysages.
Récits fondateurs et transmission
« Il y a un parallèle effectivement avec ce peuple nomade, de cueilleurs chasseurs, gardiens de cette Terre Rouge du nord de l’Australie. Sa connaissance passe par la lecture des empreintes des animaux, qui le dirige vers l’alimentation, les points d’eau. C’est une autre pensée, une autre culture que nous mettons en lumière « , résume Aurosi Moreno, la directrice du musée qui a monté l’exposition avec Cécile Chapelot, chargée des collections Beaux-Arts, en partenariat avec l’institut des échanges culturels de Tübingen en Allemagne. Et des collectionneurs Alison et Peter Klein avec lequel Lodève a déjà collaboré pour « Psychose » il y a trois ans.
« Il nous a permis d’obtenir plus de 100 œuvres d’art très hypnotiques, une prouesse pour un musée rural. Elles sont une invitation au voyage, à la beauté et à la spiritualité « , poursuit la directrice. À la découverte d’une culture immémoriale qui nous enseigne qu’une autre relation à la terre est possible et d’un passé douloureux pour ces tribus Aborigènes après l’arrivée des colons au XVIIIe siècle.
Elle précise : « Il y a toute une codification faite de points, de lignes, de cercles dans cette peinture. Nous proposons une initiation pour décoder cet art graphique, décoratif et profond. Il raconte des récits et contribue à la transmission d’une culture vieille de 65 000 ans.« Autour du concept de la rêverie. « Ce temps du rêve c’est le temps des récits fondateurs, des grands esprits totémiques qui ont façonné l’Australie, créé les animaux, les végétaux, les lois et un cadre de vie transmis à ce peuple Aborigène qui en est le gardien. «
À découvrir « Autour de l’expo »
Pendant la durée de l’exposition, les visiteurs peuvent dessiner leur représentation du territoire sur du sable, dans la cour caladée du musée. Des rendez-vous autour de l’expo sont calés. Parmi eux, la résidence de création d’Armelle Caron "Marcher entre les lignes", du 18 au 23 mai. Une rencontre est prévue avec l’artiste mercredi 20 mai avant l’inauguration d’une œuvre monumentale, sur le parvis du musée samedi 23 mai à 18 h. L’anthropologue Barbara Glowczewski donnera deux conférences, "La terre ma chair" et "Rêver et résister avec les Aborigènes" les 28 et 29 mai, l’expert d’art Stéphane Jacob-Langevin proposera ensuite une rencontre conférence "A la découverte de l’art Aborigène d’Australie" le 24 juin. Trois films seront projetés au cinéma Lutéva : 10 canoës, 150 lances et 3 épouses jeudi 2 avril, Charly’s Country jeudi 18 juin et Samson et Delhila jeudi 27 août. Ateliers d’écriture, de boomerang au Salagou, voyage musical au son du Didgeridoo, contes… sont également programmés.











