À quelques mois des élections sénatoriales 2026, plusieurs hommes et femmes ont commencé à se positionner pour une candidature dans l’Hérault. Qu’en est-il des intentions de l’adjointe au maire de Béziers et conseillère communautaire déléguée, Emmanuelle Ménard ?
Les élections municipales 2026 sont à peine terminées qu’un nouveau scrutin pointe le bout de son nez dans la vie politique française. À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, la moitié du Sénat va être renouvelée, lors des élections sénatoriales prévues le 27 septembre 2026.
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Et l’Hérault est concerné par ce renouvellement (voir encadré). Même si les élections sénatoriales ne sont prévues que fin septembre, nombreux sont ceux qui ont avancé leur pion, de manière officielle ou non.
À gauche, Bourgi et Bilhac apparaissent en bonne position
À gauche, il ne fait guère de doute que le sénateur socialiste sortant, Hussein Bourgi, briguera un nouveau mandat. Même s’il n’a pas encore souhaité s’exprimer sur le sujet, il se pourrait qu’il soit accompagné de Julie Frêche sur sa liste.
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Selon les informations recueillies par Midi Libre, l’adjointe au maire de Montpellier, vice-présidente à la Métropole et fille de feu Georges Frêche, aurait obtenu un bon de sortie de la part de Michaël Delafosse. Conseillère départementale dans la majorité de gauche de Kléber Mesquida, la Mézoize Audrey Imbert réfléchirait également à se lancer.
Sénateur sortant lui aussi, Henri Cabanel (DVG) n’a pas souhaité poursuivre l’aventure, alors que le doute persiste autour d’une potentielle candidature d’un autre sortant, bien ancré localement, Christian Bilhac (PRG). « Nous sommes encore en avril, et en avril, on dit qu’il ne faut pas se découvrir d’un fil, sourit-il. En mai… Vous connaissez la suite. Je continue à travailler et je suis très sollicité pour me positionner. Nous avons le temps pour le dépôt des candidatures mais ma décision devrait être prise d’ici à la fin mai. »
Une droite éclatée
De l’autre côté de l’échiquier politique, les choses sont beaucoup plus complexes au vu de l’éclatement des candidatures. Rien que pour le parti Horizons, deux hommes ont fait acte de candidature. Le premier, le sénateur sortant Jean-Pierre Grand apparaît quelque peu en difficulté après la défaite de son protégé aux élections municipales de Castelnau-le-Lez, Frédéric Lafforgue.
« D’autant que, sur sa liste, il y a Patricia Mirallès, une ancienne ministre macroniste. Et Macron, ici, ça ne pèse plus rien », fait savoir un habitué de la politique locale. Jean-François Audrin, délégué départemental du parti d’Edouard Philippe et maire de Saint-George-d’Orques est, lui aussi, sorti du bois en annonçant ses intentions de briguer un siège au Sénat.
Emmanuelle Ménard : « Aujourd’hui, je ne suis pas intéressée »
Ajoutez à cela, la candidature de l’UDI Joseph Francis qui pourrait obtenir quelques voix… Et vous obtenez une droite héraultaise complètement fragmentée. Dans ce contexte, le nom d’Emmanuelle Ménard est revenu dans plusieurs bouches de personnes bien informées, alors que son mari, et maire de Béziers, Robert Ménard, a toujours nié en bloc une quelconque vue sur le Palais du Luxembourg. Si jamais elle venait à être sénatrice, elle devrait quitter ses fonctions d’adjointe au maire et sa délégation au conseil de l’Agglo de Béziers Méditerranée.
« Aujourd’hui, je ne suis pas intéressée, a-t-elle répondu à Midi Libre. Si vous m’aviez demandé six mois avant les législatives, si j’allais être candidate, je vous aurais également dit non, à l’époque. Mais il y a beaucoup trop de candidats qui se déclarent à droite et rajouter une liste n’aurait pas de sens. Faire partie d’un rassemblement autour d’un vrai consensus, ça, oui. Ce qui est sûr, c’est que nous avons été très sollicités. »
Un ticket UDR-LR-RN ?
L’ancienne députée ne croit pas si bien dire : à elle seule, la ville de Béziers devrait réunir entre 115 et 120 grands électeurs. Ajoutez à cela les communes alentour « amies » du maire de Béziers et vous obtenez un grand pouvoir de décision pour un ticket ou un autre. « Quand on sait qu’il faut environ 300 voix pour qu’un sénateur soit élu… Vous comprenez l’importance qu’ils ont et dans tout le département », éclaire un personnage bien informé de la politique languedocienne.
Selon les informations recueillies par Midi Libre, de nombreuses personnalités de droite seraient justement en train d’œuvrer pour la construction d’une liste d’union des droites, des Républicains, à l’UDR et au Rassemblement national. Les sénatoriales ne sont que dans quelques mois et les tractations ont bel et bien débuté.
Élections sénatoriales, mode d’emploi
Les quatre prochains sénateurs héraultais seront élus pour un mandat de six ans, au suffrage universel indirect, par les députés du département, les conseillers départementaux ainsi que les conseillers régionaux élus dans l’Hérault. Mais aussi, et surtout par les conseillers municipaux, en fonction de la taille de leur commune. Si on prend la commune de Béziers, les 55 conseillers municipaux font automatiquement partie du collège électoral.
Une soixantaine de délégués des conseils municipaux supplémentaires seront élus par le conseil municipal, en juin. Lors des dernières élections sénatoriales dans l’Hérault, en 2020, un peu plus de 2 500 grands électeurs étaient inscrits sur les listes électorales. Pour se faire élire, chaque candidat ou candidate, devra former une liste paritaire de six noms pour un scrutin qui se voudra proportionnel.








