Un quadragénaire, dont la famille réside dans un village situé au nord du département du Gard, a été jugé, et condamné, ce jeudi 26 mars, pour des violences régulières exercées sur ses proches.
Me Betty Noël, avocat de la défense, parle d’un « dossier compliqué et émotionnellement chargé ». En l’occurrence, il s’agit de celui lié au procès d’un habitant du Martinet, âgé de 46 ans, jugé ce jeudi 26 mars en comparution immédiate, à Alès, après des violences sur son ex-compagne, avec qui il cohabite, et leurs deux adolescentes. Il reconnaît les faits, même s’il ne s’en souvient pas parce qu’il était ivre à ce moment-là, mais le président Lanes veut « revenir dessus car il y a des éléments préoccupants ».
Le 22 mars, dans ce village des Cévennes, après une dispute, il tord le bras et mord à deux reprises la main de la mère. Les jeunes filles dénoncent également des violences. Lui s’excuse. Le président estime que « c’est un peu facile », tout particulièrement parce qu’il relève « une récurrence de violences sur ses proches ». À cause de l’alcool, précise le prévenu.
La « spirale infernale » d’une compagne, aussi mère
Mais cette situation, cette famille, dont les enfants sont placés, en est devenue coutumière. Et au tribunal, c’est ce père violent qui est cette fois ciblé. « Un père, c’est pour protéger », rappelle Me Joris Numa, qui porte la parole des ados. « Ça, c’est dans le meilleur des cas. Là, ça n’a pas été le cas. » Sa consœur Me Julie Gras, intervient pour la maman : « En prenant connaissance de ce dossier, on ne peut avoir que des larmes lorsque l’on voit ce que ces enfants ont subi. » Quant à sa cliente, elle la positionne « dans une spirale infernale », la voit « détruite par cette situation » et en attente de la décision du tribunal correctionnelle pour espérer récupérer ses petits.
« Quelle tristesse. Que de souffrances », attaque le substitut Quentin Larroque. « Et la cause, c’est (le prévenu) qui se qualifie lui-même de tyran. » Il n’excuse rien à ce « tyran domestique sous l’effet de l’alcool », « qui préfère la boisson à sa femme et ses enfants ». Il requiert un an de prison avec maintien en détention, la révocation d’un sursis de six mois, le retrait de l’autorité parentale…
Me Noël a beau souligner que le mis en cause, « aujourd’hui, a pris conscience qu’il doit changer », et qu’il faut mettre l’accent sur les soins, ce quadragénaire, en détention provisoire depuis l’avant-veille est reconduit en cellule. Car le tribunal le sanctionne et va même au-delà de la demande du parquet, puisque cet homme écope de six mois d’incarcération de plus. Ce qui mène la peine à un total de deux ans de détention.






