La propreté urbaine mobilise à Millau. En cinq ans, l’association "J’aime Millau, et je contribue à sa propreté" a retiré 10 tonnes de déchets tout en dénonçant l’inaction persistante de certaines enseignes.
Depuis cinq ans, l’association « J’aime Millau, je contribue à sa propreté » se mobilise pour préserver la beauté et la salubrité de la cité du gant. Tous les 15 jours, des dizaines de bénévoles se retrouvent ainsi pour nettoyer les zones naturelles et urbaines, souvent souillées par des déchets abandonnés avec ce bilan : déjà 10 tonnes de déchets extraits de la nature, l’équivalent d’une semi-remorque plein à craquer.
Samedi matin, sous un soleil printanier, une vingtaine de Millavois ont à nouveau répondu présent pour nettoyer le vallon de Saint-Euzébie et le parking du Crès. Le bilan est sans appel : 12 sacs de déchets collectés en quelques heures à peine, des encombrants, des cartons, du polystyrène, des plastiques d’emballage éparpillés dans la nature, et des milliers de mégots de cigarettes.
« Malgré nos alertes répétées et nos actions de sensibilisation, certaines enseignes commerciales, comme Gifi et Action, ne semblent toujours pas prendre leurs responsabilités » déplore le président de l’association Philippe Bouffelière.
Pire, les mêmes constats reviennent année après année : des bennes non bâchées, des déchets qui jonchent les parkings, s’envolent et polluent les abords. Une inertie manifeste selon l’association qui s’interroge sur la façon de convaincre ces acteurs économiques à jouer « enfin » leur rôle dans la protection de l’environnement ?
Le vallon de Saint-Euzébie : une poubelle à ciel ouvert ?
Situé en contrebas du magasin Gifi, le vallon de Saint-Euzébie est devenu, au fil des années, un dépotoir sauvage, s’alarme « J’aime Millau » dont les bénévoles retrouvent systématiquement des emballages plastiques, des cartons, du polystyrène, et même des encombrants.
Des déchets qui selon eux proviennent majoritairement des bennes non sécurisées du magasin, dont le contenu s’échappe dès qu’un coup de vent survient. « C’est toujours la même chose depuis cinq ans. On ramasse, on alerte, et rien ne change. Les bennes de Gifi ne sont toujours pas bâchées, et les déchets continuent de se répandre dans la nature », regrette le président.
Si Gifi est pointé du doigt pour sa gestion défaillante des déchets, le parking d’Action n’est pas en reste. « Les abords du magasin sont littéralement jonchés de déchets », poursuit l’association. Là encore des emballages plastiques, des mégots, et autant d’objets encombrants abandonnés le long des grillages.
« On a l’impression que ces enseignes considèrent que la propreté des abords de leurs magasins n’est pas de leur ressort. Pourtant, c’est bien leurs clients qui jettent ces déchets, et c’est à eux d’agir pour limiter cette pollution », peste une bénévole.
En 2002 déjà, la direction du magasin avait promis d’agir, en installant des bâches pour éviter la dispersion des déchets, rembobine Philippe Bouffelière. Trois ans plus tard, rien n’a changé. Les bennes sont toujours ouvertes aux quatre vents, et les déchets continuent de s’échapper, polluant le vallon et les abords du magasin.
Que faire ? « On ne demande pas l’impossible : juste que ces enseignes respectent la réglementation en matière de gestion des déchets. Bâcher ses bennes, c’est un geste simple, peu coûteux, et qui aurait un impact énorme sur la propreté de notre ville », insiste un membre de l’association.
Action : « Nos équipes n’ont constaté aucune irrégularité aux abords du magasin »
Si Gifi n’a toujours pas répondu à nos sollicitations, ce n’est pas le cas de l’enseigne Action qui par la voix de son porte-parole dit prendre "très au sérieux" les constats de l’association. "Action souhaite offrir à ses équipes et à ses clients le meilleur environnement de travail et une expérience d’achat excellente, en les accueillant dans des magasins bien entretenus, y compris à leurs abords." Et d’ajouter concernant le cas millavois. "Nos équipes ont récemment effectué des contrôles et n’ont constaté aucune irrégularité aux abords du magasin. Nous restons toutefois vigilants et prendrons les mesures nécessaires, le cas échéant, pour contribuer à la propreté de l’environnement local.





