Le syndicat appelle à un rassemblement ce mardi 7 avril, à Millau, pour convaincre l’élu de ne pas voter la proposition de loi, visant à élargir les dérogations au travail le 1er mai, examinée à l’Assemblée nationale le 10 avril.
Les syndicats se mobilisent pour défendre leurs droits. La CGT appelle à se rassembler ce mardi 7 avril à Millau, devant la permanence de Jean-François Rousset, député Ensemble de la 3e circonscription de l’Aveyron.
En cause : une proposition de loi, examinée le 10 avril à l’Assemblée nationale, qui vise à étendre les dérogations autorisant certaines entreprises à faire travailler leurs salariés le 1er mai. Ce jour reste aujourd’hui le seul férié obligatoirement chômé et payé pour les travailleurs.
Boulangers, fleuristes mais aussi salariés de supermarchés concernés
Porté par Thibault Bazin, député LR, et soutenu par le bloc central ainsi que par l’extrême droite, le texte entend permettre à plusieurs secteurs de recourir au travail ce jour-là, jusque-là strictement encadré et sanctionné en cas d’infraction.
Dans le détail, cette autorisation concernerait notamment les établissements de l’artisanat alimentaire (boulangeries, boucheries…), les commerces alimentaires (supermarchés et primeurs), les établissements culturels (cinémas, musées…) ainsi que les entreprises vendant des fleurs, afin de « répondre à un besoin du public lié à un usage traditionnel propre au 1er mai« .
« C’est une première brèche vers la suppression d’un jour férié« , alerte la CGT. Le syndicat dénonce un texte présenté au nom des petits artisans et commerçants, mais qui bénéficierait surtout, selon lui, aux grandes enseignes de la distribution, comme Carrefour ou Auchan.
« L’illusion » d’avoir le choix de travailler
Toutefois, la proposition de loi précise que « seuls les salariés volontaires ayant donné leur accord par écrit à leur employeur peuvent travailler« . Elle ajoute que le refus de travailler ce jour-là ne peut entraîner ni sanction, ni discrimination, ni licenciement.
Des garanties jugées insuffisantes par les syndicats : « Faire croire qu’on peut avoir le choix alors qu’on connaît le chantage à l’embauche et à l’emploi, c’est une illusion« , estime la CGT, qui pointe également l’absence de majoration salariale.
Le syndicat rappelle enfin la portée symbolique du 1er mai : « Cette journée fériée doit rester exceptionnelle car elle commémore les luttes pour les droits des travailleuses et des travailleurs, […] notamment en France avec la fusillade sanglante de travailleurs à Fourmies le 1er mai 1891. Remettre en cause le principe de cette journée, c’est remettre en cause plus de 100 ans de lutte sociale.«
Pour conserver ces droits acquis, les syndicalistes entendent interpeller Jean-François Rousset lors de ce rassemblement, afin de le convaincre de ne pas voter ce texte.





