Pierre Cassière et le pari fou d’organiser un festival de métal à Millau

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Fondateur et président de l’association Metalheads, Pierre Cassière revient sur son amour pour le métal et son rêve, en passe de se réaliser, d’organiser un festival.

À Millau, difficile de vivre pleinement sa passion pour le métal sans faire des kilomètres. Alors Pierre Cassière a décidé de ne plus attendre : à 35 ans, il se lance dans un projet ambitieux, celui de créer un festival dédié à cette musique qui le suit depuis l’adolescence.

C’est à 12 ans que le jeune Pierre bascule dans l’univers fracassant, addictif et déroutant du métal. Dans les années 90, le futur policier municipal de Millau et président de l’association Metalheads, dont un festival éponyme verra le jour en 2027, se prend de passion pour les CD de rock de sa sœur : Linkin Park, Nickelback… Très vite, au collège, les échanges de disques avec les copains et les découvertes de groupes de métal se multiplient. Sans vraiment s’en rendre compte, il scelle définitivement son alliance avec ce style musical qui le prend aux tripes et ne l’a jamais lâché.

Pierre Cassière grandit et fait ses études à Millau avant de partir en 2010 étudier le droit à Albi puis à Montpellier. Deux ans plus tard, il change de cap et s’oriente vers les forces de l’ordre. Il devient adjoint volontaire de gendarmerie en 2014, pour cinq ans. Une mutation le ramène finalement à Millau, avant d’intégrer la police municipale fin 2019, où il est encore aujourd’hui.

Un manque à combler dans la région

Derrière l’uniforme, une autre facette s’exprime. Depuis 2011, Pierre Cassière n’a raté que deux éditions du Hellfest. Il sillonne la France pour assister à des concerts et voir ses groupes préférés. « Quand tu habites ici et que tu écoutes du métal, tu es obligé de bouger. C’est un peu le vide ici », constate-t-il, évoquant tout de même le Xtrem Fest, vers Albi « plus orienté punk« .

À aujourd’hui 35 ans, il estime avoir le recul et l’expérience nécessaire pour se lancer dans le projet fou d’organiser un festival : « Ça faisait huit ans que j’avais cette idée en tête « , confie-t-il. Un rêve nourri par ses expériences bénévoles aux Natural Games, où il intervenait sur la partie sécurité. « J’ai vraiment vécu l’expérience d’un festival de l’intérieur. Voir comment tout s’organise, c’est super intéressant.« 

De l’observation à l’action, il n’y a qu’un pas, et à force de voir, il a eu envie de faire, même si le chemin s’annonce exigeant : « C’est énormément de travail, mais c’est aussi un rêve. On espère pérenniser le festival par la suite.« 

Aujourd’hui, l’association Metalheads peut compter sur une cinquantaine de bénévoles. Un collectif éclectique, à l’image du projet. « On a des policiers, une directrice de Biocoop, un banquier, des fonctionnaires, des professions indépendantes…« , mentionne Pierre Cassière. Une diversité qui fait la force du groupe, composé d’amis, de rencontres en festival et surtout de passionnés de métal.

« 2027, c’est demain« 

Le festival, lui, se prépare activement depuis deux ans. Prévu pour l’été 2027, il avance sans retard, même si la programmation, en cours de construction, nécessite un peu de patience. « Il n’y a pas assez d’heures dans une journée. Trouver l’équilibre entre la vie personnelle, professionnelle et associative n’a pas été simple. Aujourd’hui, j’y arrive mieux… Mais c’est tellement prenant que ça en devient génial. »

Au-delà de l’événement, l’objectif est aussi culturel : faire tomber les idées reçues sur le métal et partager cette passion avec le plus grand nombre. Pierre Cassière imagine déjà des initiatives pour impliquer les habitants, comme un système de loterie participative permettant de faire gagner des places aux Millavois. « 2027, c’est demain », glisse-t-il avec enthousiasme. Un projet rêvé, en passe de se réaliser.

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