Il y a huit ans presque jour pour jour, le 22 mars 2018, un agriculteur d’une soixantaine d’années est mort, au golf du Havre situé à Octeville-sur-Mer, lors de travaux d’élagage. Ce jeudi 12 mars 2026, le procès s’est tenu devant la chambre correctionnelle du tribunal du Havre.
L’agriculteur est mort écrasé par la tractopelle
À la barre, trois hommes comparaissent pour « homicide involontaire par la violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence dans le cadre du travail » : le conducteur de la tractopelle qui a percuté la victime, le dirigeant de l’entreprise mandatée pour le chantier et le président de l’association sportive du golf du Havre.
Le chauffeur de l’engin est également prévenu pour « homicide involontaire par conducteur de véhicule terrestre à moteur ».
La famille de la victime, déjà indemnisée, n’était pas présente au procès.
Ce jour-là, Mickaël*, salarié d’une entreprise spécialisée en élagage, est au volant de la tractopelle. Objectif : l’abattage de 61 peupliers, le transport puis le broyage à la demande du golf. Lors d’une manœuvre, celui-ci ne voit pas Régis qui se tient derrière l’engin. La victime est alors chevauchée par les chenilles de la tractopelle puis écrasée, indique la procureure de la République à l’audience.
Je considère que ces faits auraient pu être largement évités, note le président du tribunal. Il y a eu une alerte tout au long de la journée de ce qui allait se produire. Aussi, il y avait le comportement de la victime qui se trouvait là où il ne devait pas être.
L’agriculteur qui a trouvé la mort devait récupérer les arbres une fois broyés. Malheureusement, en fin d’après-midi, le conducteur de l’engin « s’aperçoit que la victime n’est plus là ». En descendant de sa cabine, il découvre l’homme gisant au sol. Régis décédera à l’hôpital Jacques-Monod à Montivilliers, où il avait été transféré par hélicoptère.
Le conducteur avait consommé du cannabis
Lors de l’enquête, il s’avérera que Mickaël avait consommé du cannabis dans les jours précédant l’accident. Par ailleurs, un rétroviseur de la tractopelle était manquant. Au sujet de l’agriculteur, le prévenu indique : « Il faisait ce qu’on lui disait mais parfois il n’écoutait pas trop. » « Il fallait qu’il reste dans son tracteur mais il passait derrière pour venir me voir, ajoute-t-il. Je lui disais qu’il ne fallait pas qu’il passe derrière la pelle. Toute la journée, j’avais un œil sur lui. »
S’agissant de Pierre*, responsable de l’entreprise d’élagage, il s’exprime : « La consigne était que chaque opérateur reste dans son engin. Même si je le déplore, je n’arrive pas à comprendre ce qu’il s’est passé. »
Prison avec sursis et amende prononcées
Est-ce dû au rétroviseur manquant sur la tractopelle ? « Pour moi, cela n’aurait pas changé grand-chose », indique le dirigeant. « Vous n’avez pas été informé qu’il y avait un problème de rétro ce jour-là ? », questionne le président du tribunal. « Non », répond Pierre.
Deux des trois prévenus ont été condamnés par le tribunal du Havre**. Le conducteur de la tractopelle a écopé de 8 mois de prison avec sursis simple et le dirigeant de la société d’élagage à 30 000 euros d’amende. Le président du golf a, lui, été relaxé.
*Prénoms d’emprunt
**Cette peine est susceptible d’appel. Tout justiciable demeure présumé innocent tant que toutes les voies de recours n’ont pas été épuisées
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