Le maire du village du Gard rhodanien comparaît ce mardi 24 mars pour agression sexuelle par personne en état d’ivresse manifeste. Il écope de huit mois avec sursis probatoire et le tribunal le déclare inéligible pour deux ans. Appel de la défense.
Le maire de Goudargues, nouvellement réélu, comparaît ce mardi 24 mars pour des faits d’agression sexuelle, en l’occurrence d’avoir imposé des baisers à une femme lors d’épisodes d’alcoolisation. Une dame est installée sur le banc des parties civiles pendant que Fred Malher, 45 ans, écoute la présidente David effectuer la synthèse de la personnalité de cet élu local et les faits reprochés le 13 octobre 2024 et le 14 septembre 2025.
On apprend que le casier judiciaire de l’élu est noirci par plusieurs condamnations pour des conduites en état d’ivresse en 2017 et 2013 et en 2019 avec une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité pour récidive de conduite sous stupéfiants. La présidente précise qu’à chaque fois, il a bénéficié d’une dispense d’inscription au bulletin numéro deux du casier judiciaire.
« Je précise que vous êtes le maire de Goudargues »
« Je précise que vous êtes le maire de Goudargues ». L’élu acquiesce et parle à voix basse. La greffière est obligée de demander à ce qu’il parle plus fort pour noter les déclarations.
La magistrate ajoute que le maire a indiqué avoir été confronté à une « polytoxicomanie » et à de la consommation d’alcool comme le casier judiciaire le reflète. Le quadragénaire est jugé pour avoir imposé à deux reprises des baisers sur la bouche à une femme, il a embrassé de force une de ses administrées et il avait indiqué l’avoir confondu avec sa femme durant une séquence d’alcoolisation. La présidente rappelle que le prévenu a dit avoir du mal avec la qualification pénale retenue « agression sexuelle ».
Finalement, la présidente l’interroge sur cet aspect et comment la justice pourrait qualifier ces faits autrement que par des agressions sexuelles. Le prévenu reconnaît que la qualification (agression sexuelle par personne en état d’ivresse manifeste) correspond à son comportement. À la barre, la femme qui s’est constituée partie civile évoque sa souffrance et son désarroi face aux baises forcés sur la bouche. « Le consentement a été clairement refusé », dit la plaignante.
Me David Mendel, l’avocat du maire, cherche à savoir dans quelles conditions les faits se sont déroulés. La partie civile explique qu’elle avait été invitée lors d’un dîner puis lors d’une soirée dans une guinguette. Deux épisodes de baisers forcés, du reste, reconnus par le maire. Me Manon Casteran l’avocate de la plaignante souligne les conséquences réelles sur le plan psychique pour sa cliente qui « ne veut plus que cela se reproduise. »
Pour la procureure de la République adjointe, Nathalie Welté, « maire ou pas maire », personne ne doit imposer des baisers à quiconque. Les excuses ne sont pas suffisantes pour ne pas induire une déclaration de culpabilité.
« Il a été condamné à deux reprises, je demande huit mois avec sursis probatoire » (avec obligation de soins et interdiction d’entrer en contact avec la victime).
Exemplarité : le parquet réclame deux ans d’inéligibilité
« Il incarne l’autorité publique, quand on est titulaire de cette autorité, la justice ne peut pas accepter qu’une personne dirige un village, c’est totalement inconciliable », note la magistrate du parquet. Elle réclame l’inéligibilité durant deux ans. Me David Mendel plaide la personnalité de ce prévenu qui a traversé des difficultés, ce qui lui permet en substance de mieux comprendre celles de ses administrés. L’avocat pénaliste souligne le caractère complexe de la trajectoire personnelle de l’élu nouvellement reconduit dans ses fonctions. L’avocat note que le village lui a fait confiance en connaissance de cause et que la population sait que « c’est un bon maire ». Il demande au tribunal d’écarter la peine d’inéligibilité et que le public ait connaissance de cette affaire, « c’est bien assez ». À 18 h 30, le tribunal rend son délibéré : Fred Malher écope de huit mois avec sursis probatoire avec obligation de soins et d’entrer en contact avec la victime. L’élu est aussi inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Il est aussi déclaré inéligible durant deux ans vient d’indiquer le tribunal « au regard de la particulière gravité des faits ». Me David Mendel vient d’indiquer pour son client qu’il relevait appel mais seulement sur « la peine et non pas sur la culpabilité ». La décision d’inéligibilité n’est pas applicable immédiatement puisque le tribunal n’a pas prononcé d’exécution provisoire.







