Rue de la Garenne à Nîmes, un terrain sauvage au cœur d’un bras de fer immobilier

admin
Par
admin
4 min de lecture
#image_title

Mercredi après-midi, au 24 rue de la Garenne, riverains et associations se sont réunis pour sauver le poumon vert du quartier, une parcelle de 5 500 m2 d’espace vert, menacée de vente à un promoteur immobilier.

Le portail fermé du 24 rue de la Garenne, sur le Mont Margarot, n’empêche pas les arbres centenaires de déborder, faisant oublier pour quelques instants que nous sommes encore dans Nîmes. Olivier Benezet, voisin du n° 24, relate : « Tous les soirs, on entend la chouette hulotte, à sept minutes des Halles, c’est super ! »

Une vingtaine de personnes, riverains appartenant à l’association de la Protection de la rue de la Garenne et membres de comités de quartiers sont regroupés devant la propriété. Colère et inquiétude se lisent sur les visages. Sur cette parcelle de plus de 5 500 m2, où la nature a repris ses droits, plane la menace d’une vente à un promoteur immobilier au profit de villas, bâtiments d’habitation et 80 voitures supplémentaires circulant dans les rues étroites du quartier. François Bachy, président de l’association, bouillonne : « On en a marre des promoteurs immobiliers qui se gavent sur la qualité de vie des Nîmois. »

Vue aérienne de la parcelle du 24 rue de la Garenne aujourd’hui (à gauche) et en 1921 (à droite). DR

Un enjeu environnemental massif

Florian Messador, cofondateur de l’association Mémoire verte, s’appuie sur une photo satellite prise il y a un an. « Elle montre que le site n’a rien d’un territoire urbain, mais plus d’une forêt. Ce qui est inquiétant, c’est que 25 ans de libre évolution pourraient être détruits en dix jours. » Un enjeu environnemental massif pour des centaines d’arbres, d’oiseaux, d’insectes et de mammifères menacés.

Pascal Trarieux, habitant la rue, apporte la dimension historique. « La Garenne est le nom de la rue et une réalité, étant anciennement un lieu d’élevage de lapins destinés à la chasse. Résidence secondaire du président du Nîmes Olympique, Jean Chiariny, le terrain a vécu sa vie pendant vingt ans, laissant subsister des traces de jardin à la française. » Les demandes sont claires : « On souhaite deux inscriptions : le classement de la parcelle en Espace boisé classé et l’obtention d’une étude patrimoniale afin qu’elle soit classée aux Monuments historiques. »

« Une vraie course contre la montre »

Le président du comité de quartier de la Croix de Fer, Frédéric Pouget, suit depuis 18 mois la révision du PLU sur la zone, actuellement constructible à 40 %. « Si la mairie a été à l’écoute en décembre, l’inaction mène à une vraie course contre la montre face aux promoteurs, positionnés depuis des décennies », justifie-t-il, expliquant le choix de mettre en avant le dossier pendant les élections municipales. « Sur les différentes listes, bien que les projets ne soient pas les mêmes, les candidats se montrent sensibles à la cause. Sauf certains, qui n’en parlent absolument pas. »

Habitante de la rue de Crémat depuis 12 ans, Véronique Anceaux, savoure quotidiennement les bénéfices du terrain. Pour rien au monde, elle ne voudrait voir disparaître cet « îlot de fraîcheur », les écureuils qui viennent chez elle depuis deux ans ou le son du crapaud, contre une « augmentation de la circulation, qui rendrait le quartier invivable et dangereux« . « C’est hyperagréable », s’extasie-t-elle. « Je ne peux que rêver que la ville de Nîmes nous entende. »

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr