Jugé en comparution immédiate à Saint-Malo lundi 23 mars 2026, l’homme âgé de 34 ans a tenté de minimiser les faits qui lui étaient reprochés. Mais après la vidéo qui a semé l’effroi dans la salle, il ne pouvait plus « baratiner et noyer le poisson », selon les termes des parties civiles.
La scène qui se déroule dans un parc pour enfants, à Dinard, a été filmée d’un balcon par un riverain, trois jours auparavant. On y voit un homme asséner « avec une violence inouïe » cinq gifles à une femme. Les coups pleuvent encore sur sa tête alors qu’elle s’est écroulée au sol.
« Les cris déchirants des enfants »
Les « cris et pleurs déchirants » des deux filles de quatre et cinq ans de cette dame, témoignent du choc subi. L’homme quitte les lieux puis revient, repoussant une personne qui veut secourir la femme inerte. Il attrape celle-ci dans ses bras « et la secoue comme une poupée de chiffons », dixit la juge qui préside l’audience au tribunal de Saint-Malo. Sa compagne, rencontrée quatre mois auparavant, « perdra conscience » pendant plusieurs secondes.
« Rien ne l’arrête »
Après la diffusion, il balbutie quelques excuses et cache son visage. « Cette vidéo qu’il n’a pas osé regarder montre que rien ne l’arrête », souligne la procureure. « Il frappe cette femme dans un lieu public fréquenté par des enfants. Il s’est enfui seulement lorsqu’il a su que la police allait arriver. »
Les autorités ne tarderont pas à l’interpeller quelques centaines de mètres plus loin, dans sa voiture avec une canette de bière. L’homme avait, en effet, beaucoup bu ce jour-là. Pas facile de le suivre dans ses explications confuses qui finissent par agacer la juge, contrainte de se répéter.
« Une emprise sur sa victime »
La victime a renoncé à porter plainte et n’a pas voulu être examinée après l’agression. Elle a pourtant fait appel à une avocate qui souligne que sa cliente est « dans un état d’extrême fragilité et hospitalisée ». Elle parle d’ « emprise », d’autant plus que, pendant un mois, la Dinardaise s’est retrouvée, pour raisons médicales, « dépendante » de ce compagnon qui faisait sa toilette et l’accompagnait partout.
Pour autant, souligne la procureure, « il n’a rien du bon samaritain pour lequel il tente de passer ». Sa compagne a expliqué aux enquêteurs qu’il la forçait à des rapports sexuels, lui a subtilisé sa carte bancaire, son téléphone, sa carte d’identité (il sera relaxé pour ce fait, le document n’ayant pas été retrouvé). La violence irait « crescendo ».
« Elle est belle, je n’aime pas qu’on la regarde »
Le prévenu prétend qu’elle lui a confié sa carte bancaire « pour éviter trop dépenser ». Si celle-ci le suit deux ou trois fois par semaine sur son lieu de travail, c’est parce qu’elle le demande et non pas pour la surveiller. Certes, il admet être « jaloux, mais pas toxique. Elle est belle, je n’aime pas qu’on la regarde ».
« Une vision exécrable de la femme »
L’avocate qui représente les deux fillettes y voit « une vision exécrable de la femme qui doit lui être soumise. ll lui dit aussi comment se coiffer, s’habiller. Dans quel siècle se croit-il ? A cause de cet homme qui pense qu’il a le droit de vie ou de mort sur celle avec qui il vit, deux très jeunes enfants risquent d’avoir des troubles post-traumatiques ou de l’humeur ». Elle souhaite la mise en place d’une assistance éducative pour le bien des deux petites filles. Car la femme, victimes d’autres conjoints par le passé, se dit amoureuse et prête à se marier avec l’homme qui l’a frappée.
« Vous ne vous marierez pas ici ! »
La procureure qui requiert deux ans de prison ferme ne l’entend pas de cette oreille : « Je peux vous assurer que tous les maires de la juridiction de Saint-Malo / Dinan seront prévenus. Vous ne vous marierez pas dans ce secteur. » Sans titre de séjour, ce ressortissant algérien, qui prétend avoir un emploi, est sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français.
L’avocat de la défense souligne, quant à lui, que le couple était alcoolisé et que dans un premier temps, c’est « la femme qui a commencé à pousser et taper » son client. « Cela n’excuse pas ses gestes mais il y a un contexte : c’est un couple dysfonctionnel. » Il estime que le tribunal ne peut envisager de la prison ferme puisqu’il a un casier vierge. Mais a-t-il décliné sa véritable identité ? s’interroge le parquet.
Prison et interdiction de territoire
Quoi qu’il en soit, c’est bien à deux ans de prison ferme que les trois juges l’ont condamné. Plus l’interdiction d’entrer en contact avec sa compagne et ses filles ainsi que de paraitre à Dinard pendant trois ans. A l’issue de sa détention, il sera interdit de territoire français pendant cinq ans.
A la demande de son avocate, la victime fera l’objet d’une expertise médicale. Le condamné devra lui verser une provision de 2 000 € en réparation de son préjudice. Les fillettes devront être indemnisées à hauteur de 3 000 € chacune.
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