À Alès, le curage du Gardon a repris début mars sur le plan d’eau d’Alès Plage. Une opération technique, encadrée et désormais plus respectueuse de l’environnement.
Le Gardon n’est pas un simple cours d’eau. C’est un système vivant, mouvant, façonné par les crues et les périodes de sécheresse. C’est cette réalité que rappelle Vincent Ravel, responsable du service hydraulique d’Alès Agglomération et ingénieur territorial, à l’occasion des travaux de curage actuellement en cours sur le plan d’eau d’Alès Plage. Créé en juillet 2002 avec la volonté d’offrir un espace de loisirs et de régulation hydraulique, le plan d’eau a rapidement été confronté à la réalité du terrain. Dès septembre 2002, une crue importante est venue rappeler la puissance du Gardon.
Un entretien indispensable
Au fil des années, galets, graviers, sables s’accumulent naturellement dans certaines zones. Ce phénomène tend à réduire la profondeur du plan d’eau, initialement fixée à 2,50 mètres à sa création, et à modifier les écoulements. Sans intervention, le site pourrait progressivement se combler, perdant à la fois sa fonction hydraulique et son attrait pour les usagers. Contrairement à une extraction classique, ces sédiments ne quittent pas le lit du Gardon. Ils sont déplacés et réinjectés en aval, sur une distance de 600 à 700 mètres, en couche fine moins de 30 cm.
Une approche modernisée
La gestion du Gardon a profondément évolué en trente ans. Autrefois, les interventions étaient souvent plus lourdes et plus tardives. Aujourd’hui, elles sont plus ciblées, plus respectueuses du milieu et intégrées dans une logique globale de fonctionnement de la rivière.
Cette année, le chantier démarré début mars, mobilise une pelle mécanique, deux dumpers et un bulldozer. Il est conduit de manière progressive, rive par rive, avec isolement des zones de travail pour limiter les impacts sur la faune et la flore. Interrompus temporairement par les crues d’hiver, les travaux ont repris et devraient s’achever à la mi-avril.
Trois étapes sont nécessaires : la préparation, le terrassement et enfin la remise en état d’après Vincent Ravel, responsable du service hydraulique d’Alès Agglomération.
Un chantier très encadré
Chaque opération de curage s’inscrit dans un cadre réglementaire strict. Un arrêté préfectoral, valable pour dix ans, définit les conditions générales. Avant chaque intervention, une demande est adressée à la police de l’eau au moins trois semaines à l’avance, avec des études et des calculs précis. Une visite de terrain est ensuite effectuée par les services de l’État, généralement en janvier, avant validation écrite.
Les exigences environnementales se sont renforcées ces dernières années. Les chantiers sont désormais isolés, les périodes d’intervention adaptées pour éviter les phases sensibles comme la reproduction des oiseaux, et une attention particulière est portée aux volumes d’eau et à la continuité écologique.
Trois enjeux majeurs
Au cœur de cette opération, Vincent Ravel décrit trois grands objectifs : Le premier reste la sécurité hydraulique. Dans un territoire régulièrement exposé aux crues rapides, maintenir la capacité d’écoulement du Gardon est essentiel pour limiter les risques d’inondation. Le second enjeu est environnemental. Le plan d’eau contribue à l’alimentation des nappes souterraines et participe à l’équilibre global du milieu aquatique. Enfin, le site revêt une dimension touristique et sociale forte. Avec Alès Plage et sa zone de baignade, il constitue un lieu de vie et de fraîcheur très fréquenté en été. « L’objectif est de trouver un équilibre entre la protection, la préservation de la ressource en eau et l’attractivité du site », résume Vincent Ravel.






