"Sur scène, ce sera plus brutal !"… Avec leur nouvel album "Karma", Bigflo et Oli retournent au rap et à leur "ADN"

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Les frangins toulousains Bigflo et Oli fêtent leurs dix ans de carrière avec "Karma", un nouvel album, le 5e, disponible depuis ce vendredi 13 mars 2026. Un excellent disque rap pur, tout en textes qui claquent et en sons qui percutent. Et un "Karma" qui augure le meilleur pour le duo au début d’une année qui s’annonce chargée !

On est obligé de commencer par évoquer votre récente galère à Dubaï…

Oli : Oh, il n’y a pas grand-chose à raconter. On revenait d’un tournage au Népal pour le clip du morceau Karma, qui va sortir ce dimanche. Notre avion du retour devait faire escale à Dubaï pour deux heures mais pile au moment des premiers bombardements sur la région. On s’est retrouvé bloqués sur place, coincés dans un hôtel, pendant quelques jours, avant de pouvoir prendre un des rares avions qui redécollaient… Après ce qu’on a vécu est vraiment peu de chose par rapport à la réalité de la guerre en cours… Mais c’était particulier. Enfin, bref, on est de retour !

De retour avec « Karma », un nouvel album sorti ce vendredi !

On est très contents, et très excités de sortir ce nouvel album et de défendre aussi un nouvel univers. On a la sensation de ne jamais avoir été aussi libres artistiquement. Donc, ouais, avec Karma, une nouvelle era s’ouvre pour nous !

Beaucoup de gens nous connaissent pour nos morceaux un peu plus chantés, latino, grand public, mais nous, on vient vraiment du rap, des rap contenders, comme on l’a montré il n’y a pas si longtemps avec le freestyle de dix minutes.

Pour « teaser » ce nouvel enregistrement, on parle du « retour au rap pur »…

Oui, c’était notre envie mais c’est aussi notre ADN. Beaucoup de gens nous connaissent pour nos morceaux un peu plus chantés, latino, grand public, mais nous, on vient vraiment du rap, des rap contenders, comme on l’a montré il n’y a pas si longtemps avec le freestyle de dix minutes (au printemps 2023, Oli a mis tout le temps d’accord et sur le c… avec une impro virtuose au micro longue de dix minutes dans l’émission de référence Planètes Rap sur Skyrock, NDLR). On souhaitait revenir vers quelque chose de moins réfléchi, moins élaboré. On a pu par le passé penser en termes d’ingrédients pour nos albums, en se disant par exemple qu’il nous fallait un morceau que les gens puissent reprendre avec nous en live. Là, rien de ça ! On n’y est allé à l’instinct, au feeling.

Dans le petit laïus qui accompagne l’album, vous dites qu’il vous a fallu « désapprendre »…

Oui, on a dû désapprendre, se défaire de certains réflexes, se bousculer pour trouver d’autres manières de rapper, de poser derrière le micro. Pareil au niveau des compos : parfois on avait la tentation d’en mettre trop, trop d’instruments, trop de passages, trop de tout. Alors cette fois, on est allé à l’économie, une basse, un piano et ça tape, le truc de base, l’essentiel.

Votre frère dit que vous avez commencé à enregistrer sans penser que ça serait pour un album ?

On a démarré un peu en mode « bac blanc », dans une forme de détente que tu n’as pas forcément le jour-J ! De base, c’était un peu une mixtape entre la tournée et la suite qu’on voulait faire et balancer assez vite. Mais en fait, on ne sait pas faire du 100 % relâché, on s’est vraiment impliqué, avec des morceaux plus sérieux comme Karma, avec du fond comme Tu me manques, Osaka Hotel ou Rap hardcore… Du coup, on s’est retrouvé avec un projet plus conséquent !

Oui, il est introspectif. Comme peuvent l’être des mecs de bientôt 30 ans, qui cherchent des réponses mais qui osent aussi être un peu couillus dans certaines prises de parole.

N’empêche, le son sur ce 5e album est sec !

Ouais, il a un truc quasiment brutal ! Il est aussi plus libre. Avant, on ne se serait pas autorisé à utiliser l’autotune sur un piano-voix comme Tu me manques avec ce résultat un peu étrange… À certains moments, la prod coupe complètement et nous laisse a capella ; à d’autres, ça change carrément de rythme…

Vous évoquez la (très belle) « Tu me manques », de fait, il n’y a pas que le son qui est à nu, sur ce disque vous vous livrez !

On y fait une sorte de bilan, avec cette recherche de repères dans ce monde qui part un peu en couille : où est-ce qu’on met notre foi ? On fait un peu un parallèle entre le karma et notre carrière, dix ans de graines plantées, dix ans d’histoire avec le public, dix ans aussi à recevoir en retour des choses positives des gens… Oui, il est introspectif. Comme peuvent l’être des mecs de bientôt 30 ans, qui cherchent des réponses mais qui osent aussi être un peu couillus dans certaines prises de parole. J’ai l’impression que c’est un disque qui nécessite de se réécouter pour comprendre certains textes, certains changements. Il est un peu bruyant et en même temps un peu fouillé.

Vous vous y dévoilez et vous vous y affirmez, et ce, sans le soutien d’aucun “feat”, aucun invité !

C’est un choix qui a été un sujet de discorde avec Flo : lui disait qu’on devait négocier ce virage-là seuls ; moi, j’aurais aimé ouvrir le projet… mais j’ai suivi mon grand frère ! On aurait pu accentuer notre image rap avec des gros “feats” rap mais, non, il fallait que les gens se concentrent exclusivement sur notre musique et notre propos.

Cet excellent “Karma”, vous allez d’abord le défendre sur scène avec cinq Zénith de Toulouse ! Vous savez quel show vous allez proposer ?

On est en pleine préparation, justement. L’idée c’est de proposer un spectacle à l’image du disque, un peu plus brutal, mais quand même musical : il y aura un quatuor de cuivres qui fait vraiment du bien en live, vous verrez, et beaucoup de places pour les musiciens, basse, batterie, etc. Jusque-là, on avait un peu tendance à mettre le max de couleurs différences, avec le risque que ça parte un peu dans tous les sens. Cette fois, on va plus travailler la cohérence, mais vu que les prods tapent un peu plus, ce sera forcément plus brutal. C’est vraiment un album qu’on a hâte de faire en live : des morceaux comme Minimum !, Focus ou Les dieux et les rois, quand on va les envoyer, ça va décoiffer !

Ce sera une petite parenthèse un peu freestyle ! Mais ce n’est pas le signe d’une future séparation avec Flo : on est plus soudé que jamais !

Fin août, ce sera la 5e édition (encore ce chiffre, 5) du Rose Festival, à Toulouse…

Mais oui, cinq encore ! C’est un moment fort car une 5e édition, ça signifie que ce n’était pas une passade, un feu de paille mais qu’on s’ancre parmi les gros festivals français. En plus, avec une affiche énorme : c’est la première fois qu’on a des artistes internationaux du calibre d’Aya Nakamura, DJ Snake ou Macklemore ! On est très content. C’est dingue d’avoir réussi à imaginer un truc qui est devenu en peu de temps un rendez-vous pour les gens de notre ville et d’au-delà ! 130 000 personnes en trois jours, c’est lunaire !

Vous avez aussi des projets personnels, Oli : un mini-album en septembre et l’émission « Nouvelle école » sur Netflix (la 5e saison !).

Pour Nouvelle école, je réponds à l’invitation qu’on nous a faite : on a parfois manqué de reconnaissance, mon frère et moi, surtout du milieu rap, alors être appelés comme des gros noms du rap qui pourraient de bons conseils pour la nouvelle génération, c’est intéressant. Quant à l’EP, il se trouve que j’ai pas mal de morceaux d’avance, je suis un peu le petit frère hyperactif donc j’ai envie de continuer à envoyer un peu de matière tout au long de l’année. Ce sera une petite parenthèse un peu freestyle ! Mais ce n’est pas le signe d’une future séparation avec Flo : on est plus soudé que jamais !

Bigflo et Oli seront en concert le 16 juillet aux arènes dans le cadre du Festival de Nîmes, le 17 juillet au théâtre Jean-Deschamps dans le cadre Festival de Carcassonne, le 27 novembre la Sud de France Arena à Montpellier., le 28 novembre à la Narbonne Arena.

 

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