Mercredi 8 avril 2026, une cinquantaine de détenus a refusé de regagner les cellules après la promenade. La raison : l’accès au terrain de sport et aux activités sportives, rendu impossible par manque de personnel. Une situation qui illustre les tensions au sein de l’établissement, en surpopulation depuis des années.
Un nouvel épisode, signe des tensions récurrentes au sein de la maison d’arrêt de Druelle, s’est produit ce mercredi 8 avril. 2026. Après leur promenade, une cinquantaine de détenus ont refusé de regagner leurs cellules et sont restés dans la cour de l’établissement pénitentiaire pendant une vingtaine de minutes.
Une situation dénoncée par les syndicats Ufap-Unsa Justice et par FO. « Les agents présents sur le mouvement ont su maîtriser la situation avec calme et sang froid », souligne le représentant de l’Ufap-Unsa au sein de la maison d’arrêt, Alexandre Vidal. « Nous soulignons le travail du gradé de roulement qui a su gérer cette situation explosive et l’adjoint au chef d’établissement qui, rapidement sur place, a pu désamorcer ce début de blocage », poursuit le représentant syndical.
Drones repérés et portables récupérés
L’absence de personnel habilité à encadrer des activités sportives peut paraître anecdotique mais elle est en réalité primordiale au bon fonctionnement de l’établissement, surtout à l’approche de l’été où l’activité physique en extérieur constitue « une véritable soupape » pour les détenus. Alors que la maison d’arrêt a été construite pour une centaine de détenus, elle est actuellement occupée par 210 détenus.
« Nous avions alerté depuis plusieurs mois sur cette situation et la nécessité de remplacer rapidement ce personnel parti en mutation, explique Alexandre Vidal. Mais voilà, d’autres enjeux nous échappent : budgets non alloués, tergiversations, changement de directeur interrégional… Tout cela met en danger les personnels de la maison d’arrêt. »
« Il y a des téléphones en pagaille »
D’autant que cet incident vient se rajouter à d’autres : dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 avril 2026, deux drones survolant la maison d’arrêt ont été repérés. Six téléphones portables ont été largués. « Il y a des téléphones en pagaille », déplore le représentant Ufap-Unsa.
Pour autant, la direction de l’établissement druellois prend les mesures nécessaires lorsque des incidents graves se produisent. Le dernier en date, mardi 3 mars, les surveillants de la maison d’arrêt de Druelle, après une altercation dans la cour de promenade, trouvaient une lame de 15 cm sur un détenu. « Les deux mis en cause ont été immédiatement transférés dans un autre établissement », se félicite Alexandre Vidal.




