Du 28 mars au 30 août 2026, "La Bergère" de Millet sera exposée parmi la collection permanente du musée du Gévaudan, à Mende.
Accueillir un chef-d’œuvre suscite toujours de la curiosité. Et la petite nouveauté du musée du Gévaudan, à Mende, a de quoi l’attiser.
Dès le samedi 28 mars 2026, jour de « grande fiesta » pour la réouverture annuelle du musée, il sera possible, au sein du parcours permanent de l’établissement mendois, de découvrir La Bergère, tableau de Jean-François Millet datant de 1863. Cette œuvre est prêtée par le musée d’Orsay. Elle arrive donc tout droit de Paris, après avoir déjà voyagé dans un certain nombre de pays. La Bergère sera visible jusqu’au 30 août prochain.
Jean-François Millet est connu pour ses œuvres L’Angélus ou Les Glaneuses, entre autres. La Bergère s’inscrit dans cette même veine, celle du monde paysan, « qui était chère à Millet, notamment la campagne des environs de Fontainebleau », indique Géraldine Chopin, la nouvelle directrice du musée mendois.
Le tableau
C’est la fin d’après-midi dans une plaine des environs de Fontainebleau. Au loin, on distingue des haies et des travaux de fenaison. Au premier plan, une bergère et son chien gardent un troupeau de moutons. La bergère, présentée comme une figure monumentalisée, est concentrée sur son tricot. On reconnaît la façon typique de Millet de représenter les visages des paysans. Le peintre a également porté une attention particulière aux petites herbes et effectué un travail subtil sur la composition et la lumière. Ce tableau témoigne de la finesse dans l’observation de la nature dont Millet fait preuve.
Pour pouvoir exposer un tel chef-d’œuvre, le musée devait être aux normes internationales attendues en termes de préservation et de conservation du patrimoine. Une case cochée grâce à la rénovation du musée il y a quelques années. Les contraintes supplémentaires ? Lorsque le musée sera ouvert, une surveillance humaine permanente sera nécessaire. Une petite mise à distance a également été prévue et le tableau est sous verre, pour des questions de conservation.
Les photos de Depardon
La toile se trouve au premier étage, dans la salle dite des Beaux-Arts, au milieu des productions de Victorin Galière et Jeanne Bourrillon-Tournay, deux artistes importants pour le musée. « Chronologiquement et en termes de typologie des œuvres d’art, ça colle bien, explique la directrice. Si l’on suit la logique de la visite, on termine par cette salle et le tableau de Millet. »
Si cette huile sur toile reste la pièce maîtresse de l’exposition temporaire, une série de 86 photographies intitulée Rural, de Raymond Depardon, viendra la compléter dès le 27 juin (et jusqu’au 31 octobre), grâce à un partenariat avec le musée Fabre de Montpellier. La moitié des productions de Raymond Depardon représentent des scènes de la vie rurale lozérienne.
Une programmation conçue autour de l’agropastoralisme
Les créations de Millet et Depardon sont en lien avec deux événements majeurs en 2026 : l’année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux (décrétée par l’Unesco) et l’inauguration du bicentenaire de la photographie. Elles résonnent également avec les collections permanentes du musée, qui sont, pour la plupart, liées au pastoralisme, aux paysages et à la nature.
Visites thématiques, conférences-échanges, projections, ateliers, spectacles et projets pédagogiques seront organisés pour les mettre en valeur. Cette année, au musée du Gévaudan, la programmation est conçue autour de cette célébration de l’agropastoralisme.








