Lors de l’audience du jeudi 18 décembre 2025, une affaire particulière aurait pu mobiliser longuement le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne). Mais l’absence des deux prévenus et des victimes qui ont choisi d’être représentées par leur avocat, a supprimé toute possibilité de débat contradictoire.
Le résumé des faits par le président d’audience a alors été très succinct. La procureure de la République, à l’occasion de ses réquisitions, ne s’est pas prononcée. Elle aurait pu reprendre la chronologie des évènements, affirmer la position du ministère public dans une affaire qui a opposé des justiciables dans le cadre sensible de la religion. Elle a préféré s’en remettre à la sagacité des juges qui ont décidé de prendre le temps de la réflexion.
Dévouement au Diable et pratique de la sorcellerie
En janvier 2024, un différend survenu entre membres de l’Association de La Chapelle de la Foi de Meaux a mis à mal son unité et son image. Léa* et Franck*, habitants de Saint-Germain-sur-Morin, se sont heurtés à l’apôtre et à ses disciples après s’être opposés aux orientations, aux modes de gestion et de fonctionnement de leur communauté religieuse.
Mis à l’index, ils ont décidé de régler leurs comptes par réseaux sociaux interposés. Sur Facebook et WhatsApp, ils ont diffusé, en accès réservé, des propos blessants et diffamants à leur encontre. Pour les discréditer aux yeux des autres pratiquants, ils les ont accusés « d’être des envoyés du Diable, de lui accorder leur dévouement et de pratiquer la sorcellerie », sans pour autant se montrer capables de fournir plus de précisions ou de preuves pouvant corroborer leurs dires.
Les victimes ont d’abord constitué un dossier comprenant une copie de tous les messages d’accusations gratuites. Puis ils ont laissé le soin à leur avocate du barreau de Fort-de-France de défendre leurs intérêts.
Délibéré trois mois plus tard
Après plus de trois mois, les prévenus ont enfin été fixés sur leur sort. Jeudi 26 mars, les juges ont rendu leur décision : coupables !
Mais la condamnation qu’ils ont prononcée ressemblait fort à un avertissement. Ils ne leur ont infligé qu’une très faible amende de 38 € chacun et ont rejeté la demande de dédommagement, considérant que le préjudice moral n’était pas démontré.
Ils ont aussi écarté la demande de retrait de la publication litigieuse car cette peine complémentaire n’est pas applicable pour des injures non publiques. Ils ont toutefois accordé aux deux principales victimes 100€ pour les frais d’avocat.
*Les prénoms ont été modifiés
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