un homme sera jugé à Dieppe

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Grève nationale des avocats oblige, les dossiers s’accumulent au tribunal de Dieppe (Seine-Maritime). Mais ce vendredi 10 avril 2026, il lui fallait trancher : maintenir sous contrôle judiciaire ou placer en détention un homme de 44 ans, déjà condamné à treize reprises, pour de nouveaux faits commis au sein de l’agence d’un bailleur social de la ville.

Cet habitant de la région de Dieppe s’en serait en effet pris au chargé de mission d’un service public, le mercredi précédent, en le menaçant de « revenir avec du monde et un pistolet chargé » et de lui « tirer dans la tête ».

Le même jour, il lui est également reproché d’avoir fait usage de résine de cannabis, ainsi que d’avoir commis un outrage envers trois policiers en proférant des insultes.

Il comparait en récidive

Pour l’ensemble de ces faits, l’homme, qui comparaissait en comparution immédiate, a déjà été condamné et se trouve en situation de récidive.

Il est par ailleurs sorti d’une précédente condamnation en décembre dernier, après dix mois d’emprisonnement, et alterne depuis entre le domicile de proches et d’amis qui l’hébergent.

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Il devait prochainement être placé sous bracelet électronique pour port d’armes, des faits commis en 2024.

Au total, son casier judiciaire porte déjà 13 condamnations, avec plusieurs mentions liées aux stupéfiants ou à des faits de violences.

Il souffre également d’une maladie liée à son addiction à l’alcool et a néanmoins repris sa consommation. Une cure de désintoxication devait être entreprise à l’issue de ses trois mois sous bracelet.

À la barre du tribunal, l’homme, en larmes, a confié avoir mal vécu l’incarcération. Sans revenir sur le fond du dossier, il a tenu à souligner que, selon lui, la moitié des faits qui lui sont reprochés sont faux.

« J’ai juste demandé d’ouvrir la porte, il a commencé à m’insulter », a-t-il déclaré. Dans des circonstances qui n’ont pas été abordées à l’audience, l’agent l’aurait ensuite « attrapé et jeté à terre ».

Le prévenu affirme avoir reçu un coup sur la tête, des faits qui n’ont pas été retenus par le parquet.

Dans ses réquisitions, la substitut de la procureure de la République a sollicité le maintien en détention, notamment « pour empêcher toute pression sur les victimes ».

« On peut craindre que de nouvelles menaces soient émises pour que celles-ci retirent leur plainte », a-t-elle estimé. Elle a par ailleurs jugé que sa situation en matière de logement restait confuse « et ne présente pas de garanties suffisantes ».

Elle a enfin évoqué un « très fort risque de réitération », au regard d’une précédente condamnation pour outrage envers un sapeur-pompier.

« Il faut arrêter les bêtises, monsieur »

Malgré le contexte national et l’opposition à un projet de réforme concernant la justice criminelle et le respect des victimes, l’avocate du prévenu a tout de même plaidé pour le maintien sous contrôle judiciaire.

« Dans l’intérêt de la justice, je ne veux pas que ce contexte le sanctionne », précisant que son client avait vécu sa garde à vue « un peu comme une injustice ».

« Au-delà de cette grève, monsieur a lui-même été blessé. Par ailleurs, le risque de pression et de renouvellement n’est selon moi pas avéré, car un contrôle judiciaire assorti d’une interdiction de contact et d’approche suffit, car il n’habite pas Dieppe même », a-t-elle insisté.

Elle a également mis en avant le fait que son client avait entamé un processus de soins. « Sa détention a été très éprouvante en raison de son traitement, et il pouvait lui-même être victime d’autres détenus », le décrivant comme « une personne vulnérable ».

Elle a exclu tout risque de fuite, en invoquant notamment le dispositif de bracelet électronique prévu, et a souligné la séparation d’avec son fils de 15 ans, « très difficile à vivre » pour lui.

L’avocate a enfin indiqué compter soulever des nullités dans ce dossier.

Dans cette affaire, renvoyée au 10 juin, à 14 h, le tribunal a décidé de placer le prévenu sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’entrer en contact avec les quatre victimes et de paraître dans la rue concernée, obligation de suivre des soins pour son addiction à l’alcool, et obligation de pointer à la gendarmerie de Longueville, à la satisfaction du prévenu et de ses proches présents à l’audience.

« À un moment donné, il faut arrêter les bêtises, monsieur », a prévenu la présidente en rendant sa décision.

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