Mercredi 11 février 2026, Camille* se promène avec son enfant en poussette dans les rues de La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne). En approchant de la laverie de son quartier, elle aperçoit Pedro* souvent installé près de l’entrée, espérant un geste de générosité des clients. Au moment où elle s’avance, il se lève et sort son pénis, sans se soucier de son environnement.
Très choquée, Camille fait demi-tour. Peu de temps après, elle pousse la porte de la gendarmerie et dépose plainte. Une fois les informations recueillies, les gendarmes se présentent sur les lieux et interpellent Pedro. Il n’oppose aucune résistance. Pendant sa garde à vue, il tient des propos incohérents, allant même jusqu’à donner des signes de possibles pulsions criminelles. Il est alors soumis à une expertise psychiatrique qui ne relève aucun désordre mental et rend un avis positif.
Deux expertises psychiatriques contradictoires
À l’issue de la période de retenue, Pedro est ressorti libre avec une convocation pour le tribunal correctionnel de Meaux. Lors de l’audience, vendredi 13 février, son comportement agité et ses paroles sans véritable logique ont inquiété les magistrats. Ils ont prononcé le renvoi du dossier, ordonné sa mise en détention provisoire et une nouvelle expertise psychiatrique.
Vendredi 10 avril, le mis en cause est apparu dans le box pour être jugé en comparution immédiate, différée. La présidente d’audience a noté qu’il paraissait plus calme et mieux disposé. Tellement mieux qu’il a adopté un air détaché durant toute l’instruction, n’apportant que de rares et brèves explications, comme s’il n’était pas réellement concerné. Il a seulement insisté sur son besoin d’uriner pour justifier son geste.
La juge a rappelé succinctement les faits avant de s’attarder sur la seconde expertise qui a conclu à un état psychotique et à une addiction à l’alcool, générateurs d’hallucinations et pouvant présenter un danger pour autrui. La conclusion préconisait une hospitalisation. Elle a ensuite retracé rapidement son parcours des derniers mois. Libéré de prison mi-décembre 2025, il a été interné pendant un mois. À peine sorti, il a commis le délit qui l’a conduit dans le box. Préoccupée par la situation de Pedro, la juge l’a questionné : « Le tribunal s’interroge et s’inquiète. Si vous sortez de détention, où irez-vous ? » La réponse n’a pas été de nature à la rassurer : « Je ne sais pas moi. »
L’hospitalisation requise
La procureure de la République a fondé ses réquisitions sur l’avis du second psychiatre. Elle a affirmé que le tribunal devait tenir compte de l’état mental du prévenu mais devait aussi assurer la protection des personnes et de l’ordre public. Considérant ces obligations, elle a retenu l’altération du comportement, requit l’irresponsabilité pénale et l’hospitalisation dans une structure adaptée.
L’avocate de Pedro a évoqué à nouveau les conditions de vie de son client et son isolement social. Elle a aussi mentionné sa rupture médicale expliquant l’absence de suivi et de traitement, l’amenant à « se soigner à l’alcool. » Elle a conclu sa plaidoirie par une adhésion aux demandes de la procureure.
Les juges ont validé la position du ministère public. Pedro sera maintenu en prison le temps d’organiser son intégration dans un établissement hospitalier.
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